Du miel et des abeilles…à Ahermoumou

Des abeilles, certains en ont peur. Des abeilles, certains en sont amoureux et en prennent soin en leur créant un toit. Cet amour pousse à partager l’art de s’en occuper, bien au delà des frontières françaises. Au Maroc…

Une passion pour les abeilles comme moteur
Un Toit pour les Abeilles est au commencement un acte bénévole afin de sauvegarder l’abeille. « Nous n’avions aucune intention d’en faire un business », reconnaît Régis Lippinois, apiculteur et créateur de l’organisation avec Olivier Demaegdt. Ce nombre croissant de retours très positifs pousse l’équipe à réviser ses objectifs. Il faut imaginer un modèle d’entreprise qui leur permette de gagner leur vie tout en menant leur combat. L’ambition est de réussir à créer des petits ruchers partout en France et cela fonctionne avec 3000 personnes et 250 entreprises qui ont accordé leur confiance en deux ans. Un Toit pour les Abeilles se veut aussi de lutter contre l’appauvrissement de la biodiversité en plantant des champs de fleurs présentant un intérêt pour les abeilles et d’autres butineurs. Tout cela sans oublier la mise en place des jachères apicoles et l’organisation d’événements de sensibilisation à destination des salariés, du public ou des écoles comme la dégustation de miel, de pain d’épice… De quoi prendre plaisir à découvrir le monde des abeilles !

Beaucoup d’enthousiasme
Au sein du milieu apicole, certains pointent pourtant du doigt un Toit pour les Abeilles, regardant avec méfiance des personnes considérées comme amateurs et non légitimes. L’aspect commercial ne plaît pas et suscite les critiques. « Tant pis !  Nous revendiquons de créer de l’emploi autour de cette démarche », rétorque Régis Lippinois. Il fait bien puisque les détracteurs passent dans leurs rangs. Un Toit pour les Abeilles comprend deux salariés à plein temps en plus de Régis et Olivier, les deux dirigeants, soit quatre personnes. Flavie prend en charge les relations parrains et apiculteurs et est l’une des deux salariées. « Eco citoyenne convaincue, j’ai grandi près de la nature à laquelle je suis très sensible. Ainsi, à la vue des changements climatiques causés par l’homme, j’ai eu envie d’agir afin de préserver la terre de nos aïeux pour les générations futures. » Elle est un appui pour la gestion courante et le savoir-faire en marketing et communication. « Je peux donc concilier une activité plutôt commerciale et relationnelle avec un sujet qui me tient particulièrement à cœur. » Au quotidien, elle évolue dans une entreprise responsable et engagée en s’impliquant toujours un peu plus dans une action en faveur de la protection des abeilles. L’autre des deux salariées est Sabah qui s’occupe de l’aspect commercial et est l’interlocutrice des projets d’installation de ruches pour les entreprises.

Une action à Ahermoumou, au Maroc
Régis Lippinois lance cette aventure après avoir été moult fois contacté par une ONG marocaine. La demande réside dans la possibilité de venir monter un projet sur l’apiculture et une coopérative de femmes au Maroc. « J’avais reçu cette demande à plusieurs reprises et j’étais réticent à l’idée de répondre positivement. Finalement j’ai pris un billet d’avion, je me suis rendu sur place. » Il visite différents lieux afin de trouver le plus propice au projet. « Du côté de Ouarzazate, les apiculteurs avaient déjà leurs méthodes de travail et donc un certain savoir-faire. » En prenant la direction de Ahermoumou, ils découvrent des femmes volontaires, motivées et prêtes à s’investir. « L’accueil sur place a été chaleureux et les personnes très intéressées. Ainsi, l’aventure a débuté. » Et les difficultés sont présentes tant au niveau culturel qu’au niveau… temporel. « Ce n’était pas évident de parler avec les femmes. Les hommes qui participaient aux discussions prenaient souvent la parole. Il a donc fallu établir une relation de confiance afin qu’elles puissent s’exprimer avec plus de facilités. » Régis Lippinois ne veut pas s’imposer comme un Européen venant avec son projet et ses moyens financiers. L’aspect humain a une grande importance dans une région où des initiatives ont été lancées avant d’être laissées à l’abandon. Par ailleurs, le temps semble ne pas être le même à Ahermoumou. « En Europe, nous sommes stressés. Au Maroc, ils ont le temps. La gestion de projet diffère, n’est pas la même. » Ce mois de juin 2012, Régis comptait se rendre sur place où cinquante ruches devaient être remises par l’un des apiculteurs les plus célèbres au Maroc : M’hamed Aboulal. Cependant cela n’a pas pu se faire, en raison d’un retard de réception de ces ruches. Le départ a donc dû être reporté, à Septembre certainement, si les ruches le permettent. Alain Levionnois ira aussi…

Alain Levionnois à Ahermoumou avec les abeilles
Dans ce souci d’accompagnement des femmes, leur permettant de s’organiser en coopérative, Alain Levionnois s’occupe des formations sur place. Entouré par son épouse Marie Noëlle, qui a pu travailler au Maroc par le passé, il apprend à ces femmes théorie et pratique. Durant longtemps, il a voulu aller faire de l’apiculture au Maroc. Alors lorsque Régis vient à sa rencontre afin de lui proposer de parrainer des ruches en France, il aborde également son envie d’apiculture de l’autre côté de la Méditerranée. « Tout est allé très vite, en presque dix jours, pour organiser un voyage sur place. » Avoir son épouse à ses côtés lui permet d’avoir un contact plus facile avec les femmes. Ces dernières travaillent donc sur des ruches installées dans la vallée du Zloul. L’une des difficultés est de sentir que ces apprenties apicultrices comptent énormément sur un Toit pour les Abeilles. En effet, le but est de les accompagner seulement afin de pouvoir les laisser évoluer seules par la suite. « Malgré cela, nous sommes persuadés que certaines de ces habitantes de Ahermoumou continueront dans l’apiculture. » Alain sait que la coopérative pourrait bénéficier de matériel fourni par le gouvernement. D’autres structures comme celle de Ahermoumou en ont reçus. A quand le tour de Ahermoumou alors ?

Grâce à un Toit pour les Abeilles, c’est toute une région, où la production de miel n’est pas, qui peut bénéficier du savoir-faire d’apiculteurs afin, pourquoi pas, d’assurer une transmission aux générations futures. Pour l’instant ce sont des femmes qui peuvent profiter de tout ce que leur transmet un Toit pour les Abeilles.

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3 réflexions sur “Du miel et des abeilles…à Ahermoumou

  1. Merci pour tes belles paroles sa me touche énormément que tu parles de ton Bled de tel manière qui exprime que t’es une vrai marocaine , franchement j’aurai l’honneur de vous connaitre de plus … vous etes vraiment a la hauteur ;)

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