L’autisme au Maroc

Selon un rapport de l’Association Internationale de Défense des Droits Fondamentaux de l’Enfant atteint d’Autisme, Léa pour Samy, paru en 2009, le nombre d’autistes au Maroc (tous âges confondus) serait à situer entre 338.000 et 563.000. Une estimation qui reste très vague par manque d’informations gouvernementales précises.

Qu’est ce que l’autisme, « tawahoud » ou « intiwaae » pour le mot arabe ?
D’après la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé, il s’agit d’un trouble qui envahit le développement des fonctions cérébrales. Le comportement et la communication avec l’entourage s’en voient affectés. Ce trouble apparait avant l’âge de 3 ans. Aider à vivre avec ce handicap est au Maroc une vraie lutte. En effet, certains parents sans information sur l’autisme, notamment dans les campagnes reculées, ont longtemps pensé que leurs enfants étaient possédés par les démons. Assimilés à des aliénés mentaux, les familles ont gardé leurs enfants cachés du regard des autres et ont même consulté des marabouts.

Reste qu’au Maroc un manque considérable de moyens pour prendre en charge ces enfants rend difficile, voire impossible, leur intégration. Des groupes de parents sont présents en nombre pour faire valoir leurs droits. Mina Maad, présidente du Collectif Autisme Maroc qui regroupe 20 associations, explique que s’organiser en réseau aide à impulser un mouvement. Ensemble, ils défendent les intérêts des autistes et luttent contre leur exclusion de la société. « Le manque de structures adaptées se fait sentir. J’entends par-là des entités étatiques de proximité, comme l’école. Les seuls enfants qui peuvent être scolarisés le sont grâce aux efforts des parents. Le problème, c’est que ce sont les responsables des établissements qui décident au final », déclare Mina Maad. Une idée reçue est véhiculée : les enfants autistes ne seraient pas éducables. La présidente précise que lorsqu’on décide de les scolariser, il revient aux familles de payer l’aménagement, l’équipement et les salaires des éducateurs.

Le Collectif a déjà pu former des professionnels et des parents afin de mieux réagir face à ce syndrome, grâce à des rencontres régionales, des ateliers. Des projets sont aussi prévus, de même que des campagnes de sensibilisation à l’autisme au niveau national, des débats pour amener à généraliser le dépistage précoce, mais aussi pour dégager des financements. Mina Maad ne manque pas de rappeler que 2005 a été un tournant décisif avec « l’Année de l’Autisme ». La stratégie nationale de prise en charge de l’autisme est actuellement en cours d’élaboration grâce à un partenariat entre le Ministère du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité et le Collectif.

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