07/11/2011 – La Palestine à l’UNESCO ? Yes we can !

Le 31 octobre ne sera plus uniquement la date d’Halloween ! A présent le monde, du moins celui favorable, fêtera toute autre chose et une chose d’importance. Comme un choc pour ceux qui ont voté contre son adhésion, la Palestine est à considérer à présent comme le 195ème membre de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture. Un petit pas pour l’Homme mais un grand, même très grand pas pour l’humanité. Un temps simplement observatrice, la Palestine a, à présent, un "vrai" siège comme tous les autres états. Les images du vote sont lourdes de sens, au fil des oui, non et abstentions. Comme il fallait s’y attendre, fidèle à son allié, le membre américain a voté par la négative et décidé de suspendre ses subventions versées à l’UNESCO.  Au revoir alors aux 60 millions de dollars, en raison de la législation du pays qui interdit toute participation financière à une entité qui reconnaît la Palestine comme état, tandis que la paix avec son voisin n’est pas. 

No money !
Après son "non" accueilli ironiquement par des rires dans la salle à Paris, Israël prenait la même décision que son acolyte américain : retirer sa contribution financière, en plus de poursuivre la colonisation, geler les fonds destinés à l’Autorité Palestinienne, tout ça sans oublier de caractériser cette nouvelle entrée au sein de l’UNESCO comme "tragédie". Une tragédie ? Les responsables connaissent-ils seulement la signification de ce terme ? Ils ne cessent de parler d’unilatéralisme dans tout acte entrepris par les Palestiniens. Mahmoud Abbas dans sa demande d’état et cette entrée fulgurante à l’UNESCO sont considérés comme "nuls". Pourquoi ? Parce qu’Israël n’y a pas mis sa patte en tant que colonisateur sur une terre colonisée ! "Cela prouve que les Palestiniens ne veulent ni la paix ni des négociations, mais entendent perpétuer le conflit", a indiqué le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon. Faut-il en rire ou faut-il en pleurer ? Face à quelle réalité se trouve-t-il pour affirmer cela ? Face à quelle réalité se trouvent les Etats-Unis, Israël comme le Canada qui ferment les robinets financiers ? Ils entraînent probablement la fin de certains programmes mondiaux en lien avec la culture, la scolarité, l’enseignement concernant les hommes, les femmes, les enfants. Qui combattent-ils et quels sont leurs buts réellement ?

Reconnaissance du patrimoine
France, Finlande, Chypre, Espagne, Grèce, Belgique… les oui ont sonné malgré les abstentions anglaise et italienne. Les résultats ont donné lieu à 107 voix pour, 14 contre et 52 abstentions. Des votes qui permettent à présent à la Palestine de pouvoir déposer des demandes de reconnaissance de sites palestiniens dont certains sont gérés par les soldats de Tsahal. Il s’agira donc de lieux reconnus sous le nom de la Palestine. On retrouve par exemple la Mosquée Ibrahim. Un gros espoir lorsque l’on sait que la demande d’être un état au sein du conseil de sécurité de l’ONU recevra un veto américain sauf miracle ! Etre à l’UNESCO comme tous les autres états confère déjà les droits authentiques aux Palestiniens, des droits qui leur reviennent, qu’ils sont allés chercher. Israël n’approuve pas. Son impunité connaît alors un frein grâce à l’UNESCO.

Pierre Stambul, membre du bureau national de l’Union Juive Française pour la Paix, questionné sur ce vote et les réactions américaines et israéliennes, donne le point de vue de son organisation : "Pour nous, ce qui permet la fuite en avant criminelle et coloniale de l’Etat d’Israël, c’est l’impunité. Depuis des années, les gouvernements israéliens violent le droit international, commettent des crimes de guerre et poursuivent l’avancée de la colonisation. Non seulement la communauté internationale et l’ONU ont jusqu’à présent laissé faire, mais la seule sanction prise l’a été contre le peuple palestinien, coupable d’avoir mal voté, avec le blocus de Gaza. Pour la première fois, dans une instance internationale, une mesure favorable à la Palestine est prise. Souhaitons que ce ne soit qu’un début. En ce qui concerne les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux, ce n’est pas parce qu’ils sont mal informés qu’ils soutiennent Nétanyahou. C’est parce que cet état avec son armée et sa technologie de pointe, morceau d’Occident au Proche-Orient, correspond fondamentalement à leur attente. Ils ne souhaitent pas l’égalité des droits entre Palestiniens et Israéliens et donc, négocier sous direction américaine n’a aucun sens. Ce qui est à l’ordre du jour, c’est le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre l’état d’Israël tant que durera l’occupation. Ce sont aussi des pressions accrues contre les gouvernements complices."

Comme l’a dit Pierre Stambul "pour la première fois, dans une instance internationale, une mesure favorable à la Palestine est prise. Souhaitons que ce ne soit qu’un début." Alors "Yes we can" pour la Palestine, ce n’est pas l’auteur de ces trois mots encourageants qui pourra dire le contraire.

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