19/03/2012 – Le plus marquant de l’ère Sarkozy

De ces cinq ans, forcément, on ressort marqué par un mot, une phrase, une action réalisée, un geste fait. Dans le pire, le meilleur, les citoyens sont juges du plus marquant de l’ère Sarkozy.

Côté femmes
Pour Nadia, il n’y a pas photo, le plus marquant de ce quinquennat est de loin ces quatre mots «Casse toi pauvre con  » lors du Salon de l’Agriculture en 2008 en réponse à un « Ah non, touche-moi pas ! Tu me salis ! ».
Pour une autre femme, Isabelle, la Strasbourgeoise d’adoption, l’anecdote la plus marquante est  le discours de Latran. « En 2007, j’ai compris beaucoup de choses au sujet de Nicolas Sarkozy aussi bien en matière de gestion de la question religieuse en France qu’en matière d’étalage de son inculture et de la réorientation de l’Histoire en sa faveur. » Elle le sait, ce discours n’est pas écrit de sa main et si l’homme en donne les aboutissements, il ne comprend pas un fichtre mot des tenants. « J’ai aussi été marquée par le grand retour de l’Église dans l’État depuis la séparation de 1905, qui donne le départ à des sortes de visées de République de Droit divin avec un point de vue délibérément christiano-centré. » Isabelle voit aussi un retour rêvé déguisé à l’Ancien régime, mis au goût du jour naturellement, des nouvelles tolérances et inimitiés de « ce monsieur ». Exit la querelle avec les réformés comme avec une frange bien choisie des antitrinitaires. « Le pouvoir vaut bien quelques messes. »
Aux environs de Toulouse, Claire trouve que le fait le plus marquant de ces cinq ans réside dans l’expulsion des Roms. « Sarkozy a eu une politique de stigmatisation des faibles et de ceux qui sont l’habituelle cible des critiques des Français comme par exemple les immigrés, les chômeurs, les Rmistes, les grévistes, les fonctionnaires. Ils ont été des boucs émissaires faciles. » A ses yeux, c’est la politique du « diviser pour mieux régner. » Mais il a aussi su faire de la République une oligarchie en protégeant les intérêts de son groupe, celui des dominants en empêchant les autres de réaliser qu’on gagnerait tous à être solidaires et qu’on pourrait changer les choses et arrêter de subir et d’aller toujours aussi plus vite droit dans le mur. « Vous savez, quelqu’un qui est en « en mode de survie »  et qui ne ressent plus de lien social est quelqu’un de détruit, qui n’a plus l’énergie de s’occuper de politique et qui se fiche des mesures mises en place car cela ne change concrètement rien à sa vie « pourrave ». » Elle n’oublie pas non plus ce débat sur l’identité nationale, ces expulsions, la banalisation des thèses nauséabondes du parti de l’Extrême Droite, le tout mené par… Claude Guéant et son gouvernement. « Viscéralement, l’élection de ce président n’est pas passée chez moi ! » Au delà du simple fait marquant, Claire va plus loin car elle ne parvient pas à s’auto-censurer. Depuis l’élection, elle ressent comme une sorte de douleur qui l’empêche de respirer librement. « Je suis allergique à la violence et pourtant j’en ressens beaucoup à l’égard de Sarkozy et des vrais Sarkozystes. Je ne suis pas syndiquée mais pendant ce quinquennat, j’ai de nombreuses fois ressenti le besoin d’aller seule dans des manifestations… »
Isabelle, celle qui habite la France d’Outre Mer, ne voit rien de très anecdotique. « Je ne retiens rien en particulier pour la simple et bonne raison qu’il y a eu tellement d’actes graves par leur porté. »

Côté hommes
« Vous indiquer une anecdote des plus marquantes ? Le choix est assez difficile pas parce que je n’en ai pas mais surtout parce qu’il y a eu tellement d’épisodes négatifs qui ont jalonné ce quinquennat ! » Pourtant il faut bien faire un choix et Patryck, l’homme qui a tant voyagé pour finalement s’établir à la Réunion, trouve une réponse à la question. « Ce qui restera gravé dans ma mémoire et qui a définitivement dégradé à mes yeux le personnage que représente Sarkozy est ce « Casse-toi pauvre con ! » Une formule devenue tristement célèbre qui a montré au peuple en quelle mésestime le tient ce roisident, d’après Patryck.
Pour Grégory, le point est plutôt mis sur la question internationale avec notamment le printemps arabe en Libye. « Ce qui m’a marqué reste l’affaire Kadhafi. Sinon il n’y a pas grand chose. »
Puis, Anouar remarque un ensemble avec tout le style de cette présidence, de ce quinquennat. « On peut dire que Sarkozy aura vraiment été en rupture avec ses prédécesseurs. »

Nicolas Sarkozy se disait le président de la rupture, du renouveau. Il aura effectivement présenté un mandat différent de ces noms qui ont occupé la fonction de président. Cependant ce qui reste dans les mémoires des citoyens n’est certainement pas ce que lui aurait voulu… étant donné le sentiment négatif ambiant.

2 réflexions sur “19/03/2012 – Le plus marquant de l’ère Sarkozy

  1. Oh hélas !… pas si sûr que ça lui nuise tant que ça ce "sentiment négatif ambiant"…

    Dans le mileu où je travaille, Sarkozy ne choque pas plus que ça.
    Il a déçu sur ses résultats, mais il continue à être leur candidat.

    Pour eux, "les gens n’ont que ce qu’ils méritent ! ils n’avaient qu’à travailler quand il était temps au lieu de s’amuser !", même "les Somaliens qui meurent de famine, ils sont responsables de la situation dans laquelle ils se retrouvent aujourd’hui. Ils n’avaient qu’à faire les bons choix; c’est à eux de prendre en main leur destin".
    Enfin bref, la politique de Sarkozy, ils la trouvent limite trop "douce"…

    Et le personnage, il leur plaît bien.
    Ils le trouvent sympathique !

    Moi j’ai vraiment peur qu’il soit réélu.

Une réaction ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s