Avant le prince charmant, il y a tristement eu Stéphane

La vie est belle lorsque le prince charmant est rencontré, lorsque les destins ont été liés par le mariage. Mais est-ce que le mariage fait tout oublier ? Est-ce que ne reste pas à l’esprit des personnes rencontrées à un certain moment et qui ont laissé un souvenir très marquant ?

Sur les bancs de la fac
Rebecca fait la connaissance de Stéphane à l’université. A l’époque, la jeune fille a 20 ans. « Il avait un ami coiffeur qui l’avait pris comme modèle afin de passer son examen. Donc il avait une coiffure et une couleur de cheveux bien différentes. Sa chevelure était rouge ! » De quoi se faire remarquer. Leurs yeux se rencontrent pour la toute première fois dans un amphithéâtre où Rebecca doit suivre un cours. « Il avait l’air doux et gentil et rapidement je me suis aperçue qu’il me regardait souvent en cours. A chaque fois que je tournais la tête dans sa direction, il m’observait. » A l’époque, Rebecca a l’habitude de dîner au restaurant universitaire avec Véronique. De son côté, Stéphane fait de même avec ses amis. « J’avais parlé de lui à Véronique et apparemment Stéphane avait fait de même avec ses propres amis. Au cours des repas, il allait systématique remplir le pichet d’eau et je faisais pareil. » Et un soir, ils se retrouvent tous deux devant le robinet au même moment. Et là, se passe le premier « contact verbal ». Ses copains, très sympathiques, insistent afin que les deux jeunes filles mangent à leur table. « On a accepté. De fil en aiguille, on a donc fait connaissance. Un soir Véronique n’a pas pu être là pour le dîner donc à la fin du repas, Stéphane a proposé de me raccompagner. » Ainsi débute leur histoire…

La dure vie à deux
Ce soir-là, il la raccompagne en voiture et ils passent une nuit blanche, une nuit à discuter.  Ils continuent à mener la même vie qu’avant, à la différence près qu’ils passent du temps seuls ensemble. Mais la normalité dure  juste l’espace d’une semaine ! « Il est venu me voir chez moi pour m’annoncer que c’était terminé car j’étais trop bien pour lui d’après ses mots. » Elle le supplie, lui demande de changer d’avis. A partir de là, ce genre de scènes va se répéter. Pourtant, elle croyait en leur couple, avait même présenté Stéphane à ses parents. « J’avais aussi fait la connaissance de sa famille. Une famille très sympathique. Je me suis très bien entendue avec Julia, sa maman, qui était heureuse d’une compagnie féminine, la changeant des repas de chasseurs et des réunions politiques auxquels la faisait participer son mari. » Cette mère et épouse sent bon l’Espagne et surtout le Sud, la région andalouse. Finalement cette rupture n’est rien. Stéphane et Rebecca passent quinze jours de vacances ensemble à Barcelone mais le jeune homme veut bien plus et la jeune fille compte prendre son temps. Et puis un soir par force, il lui vole son innocence, ce dont Rebecca ne se remet pas. De retour en France, elle se croit enceinte. Elle ne l’est pas. Elle compte se séparer mais là débute l’enfer. «  Stéphane me faisait du chantage au suicide. Il avait sauté une fois de la fenêtre de chez moi, mais heureusement, c’était un faux premier étage. Il ne s’était rien fait, mais j’avais paniqué. Et puis, il a menacé de le faire du 4ème étage de sa cité U et cette fois-là, comme ça n’était pas la première, je lui ai dit de le faire et  je suis partie en claquant la porte derrière moi.» Après cette phrase, elle est cependant bouleversée et elle tombe dans les escaliers. C’est le jeune homme qui l’accompagne à l’hôpital et ils se réconcilient… pour la énième fois. Puis il y a ce dimanche soir où Stéphane arrive avec toutes ses affaires dans sa voiture.  « Je l’ai vu débarquer et là il m’a annoncé que puisqu’il avait sous-loué sa chambre, il venait vivre avec moi. Et comment aurais-je pu le laisser à la rue ? » Pour tous deux, l’année est importante. L’un doit passer le CAPES, l’autre une maîtrise. Mais Rebecca n’en peux plus !

Le début de la fin
Elle n’en peut plus car lui ne s’entend pas avec son frère qui vient la voir le week-end et qui doit d’ailleurs dormir sur le sol de la cuisine. « Ce n’était pas normal qu’il dorme dans la cuisine, ça ne se faisait pas ! » Elle doit aussi respecter un certain silence, ne pas faire de bruit pour que Stéphane puisse se concentrer sur ses cours. Se séparer ? Il en est question mais lorsque l’un compte quitter l’autre, sans cesse ils parviennent à se réconcilier. Finalement Stéphane décroche ce CAPES brillamment et la fête pour célébrer l’événement se fait chez les parents du jeune homme, sous les yeux plein de fierté de ses parents. Là, Rebecca va avoir le déclic. « Son oncle nous a demandé quels étaient nos projets. J’avais envie d’intégrer une école d’ingénieur ou de passer l’agrégation. Et là, Stéphane a ricané en disant clairement « tu es nulle en maths ! Tu n’arriveras à rien ! ». Je suis restée figée. » Elle a alors une certitude, qu’il ne l’aime pas pour parler d’elle ainsi. Elle a même l’impression qu’il ne s’est que servi d’elle durant tout ce temps. « Encore et toujours, on s’est rabiboché même après cette fois. Il a fait son IUT à Albi et j’y allais de temps en temps le week-end. Et puis, un matin, il était venu passer le weekend à Toulouse. Au cours du petit-déjeuner, j’ai voulu lui parler d’un ouvrage que je lisais mais il s’est moqué de mon goût pour la littérature. » C’est là que sa décision de le quitter la prend au cou. Elle comprend qu’ils sont incompatibles et que jamais ça ne s’améliorerait. Stéphane lui envoie des courriers de menace, de quoi la faire revenir à sa manière. Sa mère entre en contact avec celle de Rebecca mais rien n’y fait. « Autant j’avais passé près de quatre ans à tergiverser, autant ma décision était irrévocable car mûrie et sûre. »

Dans cette histoire, Rebecca dit avoir beaucoup appris. C’est cette mésaventure qui lui a permis de rencontrer son homme parfait. Néanmoins, elle regrette que toutes ses premières fois ne se soient pas faites avec lui. Mais c’est déjà le premier dans son cœur !

Une réflexion sur “Avant le prince charmant, il y a tristement eu Stéphane

  1. Ce n’est pas un commentaire direct de l’histoire, mais je viens de voir, dans Envoyé Spécial, un reportage sur les violences sexuelles dont sont victimes plusieurs Egyptiennes, sur la loi du silence dans laquelle elles sont enfermées, la souillure à jamais, etc. et ça m’a… mais trop faite bouillir !
    et repenser à cette histoire aussi… parce-que, bien que ça soit, bien sûr, incomparable en terme de cauchemar (ça me révolte des trucs pareils !!!!!!!!!) il y a des points commun dans les mécanismes qui conduisent à la situation.
    Comment un homme peut-il faire ça à une femme, et une femme ne pas réussir à se défendre ???
    Dans la société Egyptienne qu’ils montraient au travers du reportage le "comment on peut en arriver à ça" crève les yeux, ici, c’est moins net, et pourtant ! les préjugés de notre société sur les relations homme-femme font la part belle à l’homme qui, "le pauvre", a finalement un comportement bien normal vis-à-vis de ces "salopes", de ces "allumeuses" qui "l’ont bien cherché" et "ne cherchent que ça" d’ailleurs; et ce qui fait que la fille ne se ressent pas comme pouvant revendiquer quoi que ce soit pour elle, qui la conduit à prendre sur elle jusqu’au fatidique moment de l’agression où il est trop tard hélas, beaucoup d’éducations conduisent à ça. Quand une fille doit la fermer et supporter de la violence ne serait-ce que verbale toute son enfance, elle ne sait profondément pas en elle ce qu’il est "normal" qu’elle "accepte" ou pas.
    Enfin bref ! ça me révolte que dans de nombreuses sociétés des gens "bien pensants" et qui dorment sur leurs 2 oreilles eux, ne fassent même pas le lien qu’il y a entre leur "pensée", leur "humour" et ces violences sexuelles dont sont victimes les femmes !
    ça fait des siècles que ça dure, et franchement, mais autant je ne suis pas "féministe" je crois, autant là mais il aut prendre les choses en main pour ne pas encourager indirectement se perpétuer ces pratiques dégueulasses !

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