Contre les vagues, la houle de la mère…

Ce que vit Maëva, 20 ans et assistante de direction en alternance, aurait pu avoir lieu au cours d’un autre siècle, à une époque où, au sein des familles riches, les parents choisissaient pour leurs enfants de très bons partis, d’une aisance équivalente à la leur, voire même plus. Financièrement bien loti, à la richesse apparente, le parti tant voulu était alors choisi sans hésiter. Néanmoins, ces mentalités ne semblent pas appartenir au passé, se conjuguent au présent, possiblement même au futur. Ces façons de concevoir la vie de couple, basées sur le volume du portefeuille, ne sont pas révolues. Ce vrai problème n’est pas résolu.

Ca commence comme ça…
Son ami, Maëva l’a rencontré au détour d’un clic, au virage d’un chat, il y a un plus de deux ans aujourd’hui. A 18 ans, les discussions en ligne sont fréquentes, rien de rarissime. D’ailleurs, souvent cela n’aboutit à rien. Il s’agit simplement d’échanges, sans finalité hormis passer le temps. Pour la jeune fille, l’inverse se produit. Elle fait la connaissance de celui qu’elle appelle M. et se lie d’amitié avec lui. « Internet était le seul lieu où l’on pouvait se retrouver, étant donné que 400 kilomètres nous séparaient. » Elle est de province, lui vit à Paris. « Un clic sur la toile et voilà où nous en sommes ». Tous les deux ont quelques différences mais se retrouvent pourtant. Maëva est d’une famille plutôt modeste et M. très aisée. En commun, ils aiment rire. « Quand on a fait connaissance, il était en classe de Terminale et moi en première année de faculté. Dés le début, notre histoire n’a pas été facile avec cette distance mais ce n’était pas la seule raison. » Chez lui, elle aime ce côté italien et grand brun dragueur. « Il a les yeux d’un marron intense et aime faire le pitre ».

Celui qu’elle appelle M, elle l’aime tout simplement !


« Et mon teint brun dans tes yeux, ça dérange mais tu l’aimes tellement… » (Corneille, Toi)

Après les kilomètres, l’autre ombre au tableau est la mère de M. « Si aujourd’hui on ne vit pas ensemble c’est en partie en raison du regard qu’elle porte sur notre histoire. » Au départ, Maëva se fait passer pour une simple amie et rencontre les parents de son copain. « C’était donc en novembre 2009 et il ne fallait pas que j’ai des gestes trop affectifs à l’égard de mon ami, sinon ils auraient pu se douter de quelque chose. » Il lui faut attendre plus de six mois pour qu’enfin en mai 2010 tous les deux avouent qu’ils sont ensemble. « Pour une question de couleur mais aussi de niveau social, la mère de M. a tout de suite mis son veto. Je n’étais pas assez bien pour lui, d’après elle. » Maëva est métisse, ibérique puisqu’espagnole et africaine puisqu’ivoirienne. Cela dérange aussi. Cependant du côté de la jeune fille, ses propres parents et ses sœurs acceptent très bien cette relation et ils étaient au courant bien avant mai d’ailleurs !

Envers et contre elle
« Même si ça fait plus de deux ans que nous sommes ensemble, sa mère veut absolument nous séparer. » Il leur faut chercher des excuses pour réussir à se voir et passer du temps à deux parce que M. vit encore sous le toit parental, à 20 ans. « Elle peut aller jusqu’à lui prendre son portable, son ordinateur voire même sa carte bleue. Elle fait tout pour nous couper l’un de l’autre. » Cependant, Maëva, bien plus coriace encore, a tout simplement pris un forfait à ses frais pour son ami. « Sa mère le menace souvent de l’expulser s’il ne met pas un terme à notre relation. » La seule solution est donc de faire croire à une séparation, tandis que c’est tout le contraire.

Ce qui ne tue pas, rend plus forte !
Malgré son jeune âge Maëva est déjà confrontée à un obstacle de taille et face à cela, elle a réussi à être forte. Elle a vu en elle un côté protecteur puisqu’elle veille sur son histoire, sur son ami et s’implique afin de trouver une solution, une porte de sortie de crise. « Je fais mon possible afin que la situation puisse s’améliorer. » Elle s’est armée de patience mais aussi de courage pour l’existence de son couple même si certains pourraient lui dire de laisser tomber et de passer à autre chose car elle est encore jeune. Si elle devait changer quelque chose, elle ne modifierait « absolument rien » ! « Peut être que les obstacles que l’on rencontre sont juste le ciment même de notre couple en plus de notre amour. Nous sommes impliqués tous les deux pour faire face. C’est ça notre force. » En M., elle a réussi à trouver bien plus que le prince charmant des contes de fées, elle a tout simplement fait la rencontre d’un homme, le personnage principal de son existence, le héros de son cœur et de son histoire. « Si je devais donner des conseils aux personnes dans la même situation que nous, je m’adresserais aussi bien aux couples qu’aux beaux-parents. Aux amoureux, je le dirais « vivez vos vies et surtout ne vous arrêtez pas aux interdis car l’histoire dans laquelle vous vous êtes engagés est certainement la bonne ». Concernant les beaux-parents, je leur adresserais ce message « vous avez fait votre vie, alors laissez vos enfants vivre la leur parce que l’amour n’a pas de limite ! »

Une réflexion sur “Contre les vagues, la houle de la mère…

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