Hélène et sa soeur

Hélène, en se sauvant avec Pâris, avait déclenché la Guerre de Troie. Un amour qui avait causé du tort à tous, selon les écrits de la Mythologie. Il semblerait que derrière chaque Hélène ne se cache pas une histoire d’amour des plus faciles en raison des obstacles. Chaque Hélène peut aussi avoir une sœur, une cousine, une nièce, une fille dont le cœur doit affronter le pire pour enfin trouver le meilleur. Ainsi est l’histoire d’une Hélène, en France et de sa sœur, qu’a voulu raconter la nièce d’Hélène.

Des notes graves
Les années sont celles de 60-70. A ce moment-là, Hélène est de ces femmes décrites comme absolument magnifiques et totalement en adéquation avec l’idéal forgé par la société française. Son physique est celui d’une blonde, fine, aux yeux bleus pétillants mais surtout très douée aussi bien sur les touches d’un piano qu’en notes de chant. Elle est d’ailleurs admise au Conservatoire de Paris. Aux yeux de son père, elle est sa prunelle, ce qu’il appelle aussi son « étalon ». Malgré cette fierté du père pour sa fille, malgré cette fierté parentale, ses parents vont lui faire vivre l’horreur. Côté cœur, ce dernier est à prendre et une rencontre a lieu. De cet homme, elle tombe enceinte. Mais il y a une grosse différence entre les deux amants. Hélène est mineure puisque dans ces années-là, la majorité est encore à 21 ans. Monsieur est majeur et est architecte. « Il a voulu prendre ses responsabilités et l’épouser. Alors ensemble, accompagnés des parents du futur père, ils sont allés voir mes grands-parents maternels. » En agissant de cette manière, ils pensent tous que certes ce ne sera pas facile mais que la situation sera tout de même acceptée. « C’est tout l’inverse qui a lieu. Mon grand-père les a carrément tous mis dehors sauf ma tante qu’il a enfermée à double-tour dans la maison, au sens littéral du terme. » Dans les jours, les semaines qui suivent, de l’extérieur on essaie d’entrer en contact avec elle mais il n’y a rien à faire et Hélène devient une prisonnière dans ce lieu-même où elle est née. Concernant le bébé qu’elle porte, il n’est pas question de le garder. Alors la direction de l’étranger est prise afin de procéder à l’avortement. « L’IVG n’était pas quelque chose de commun. Mes grands-parents et ma tante sont partis à l’étranger. Personne ne devait rien savoir dans le village» . Lorsque Hélène est de retour, elle se jette dans les bras de sa cadette et pleure toutes les larmes de son corps. L’avortement a été très dur physiquement et une véritable destruction sur le plan psychique. Pendant tout ce temps, le père de cet enfant appartenant au passé n’a pas cessé de chercher à la voir. « Lorsqu’il a appris la nouvelle, c’est un drame qui s’est déroulé. L’horreur a augmenté. Il s’est suicidé en se défenestrant d’un immeuble. » Hélène n’est que plus mal et elle se dit qu’elle ne peut plus vivre près de ses parents. A ses yeux, jamais elle ne pourra goûter au bonheur en étant avec eux. De ces morts, aussi bien son enfant que son ami, elle se sent coupable car elle n’a réussi à protéger personne. « Elle a joué une sorte de comédie. Presque majeure, elle a fait comme si tout était rentré dans l’ordre alors que ce n’était pas le cas. Elle a cessé d’aller en cours et utilisait l’argent que mes grands-parents lui donnaient pour faire la fête. Elle leur réclamait de plus en plus pour des livres, des tenues nécessaires afin d’aller au conservatoire. Mais c’était une manière pour elle de se venger après ce qui lui avait été fait. » Enfin majeure, elle part se marier et vivre à l’autre bout du monde. Elle ne prévient pas ses parents de son départ. Ils reçoivent un simple faire-part les mettant devant le fait accompli. Le mari d’Hélène est quelqu’un de bien, de tendre et de très attentionné. Ils ont deux enfants. «Pourtant ils vont divorcer par la suite. Il était très catholique et pratiquant. Ma tante dont l’innocence a volé en éclat et qui avait été sacrifiée sur l’autel du « qu’en dira-t-on » a très mal vécu ce côté pratiquant et voit rouge. » Cependant pour lui, à jamais, elle reste sa femme car il s’est uni à elle devant Dieu et il l’aime.

 

Puis la sœur d’Hélène
Aujourd’hui, alors qu’elle a eu d’autres hommes, d’autres divorces, des rencontres avec l’alcool et la violence, son premier mari continue encore de chérir Hélène. Elle ne travaille pas et lui, lui a fourni un toit, pour elle mais aussi pour leurs deux enfants. « Souvent, il l’invite au restaurant et lui fait de nombreux cadeaux. » Encore au cours de ces années 60-70, l’histoire semble sur le point de se répéter car à présent, c’est directement la sœur d’Hélène qui est menacée. « Ma mère a eu un coup de foudre, réciproque, pour mon père au cours d’une soirée. Quelque temps après elle se rendait compte qu’elle était enceinte. » Sa majorité doit arriver dans quelques mois à peine pourtant elle craint que ses parents n’agissent comme avec sa propre sœur. Elle va donc dissimuler sa grossesse et se tourner vers son ami pour qu’il l’épouse en secret, seulement devant les témoins que requiert la loi. « Mon père a accepté spontanément car il l’aimait. » Cette décision, il ne la mesure pas assez, ne se rendant pas compte de la blessure qu’il causerait à ses parents dont il est le fils unique. L’union est prévue devant le maire  et personne n’est au courant…sauf les vendeurs d’aspirateurs ! « Ils ont mis les deux pieds dans le plat. Ils sont partis sur l’idée que les jeunes couples avaient besoin de s’équiper et donc en regardant les bancs, ils ont démarché les futurs mariés…et leurs familles ! » Alors, aussi bien du côté paternel que maternel, les choses tournent mal. Pour les parents paternels, c’est tellement un choc que la mère veut renier son fils et ne compte pas mettre les pieds à ce mariage. Le père, lui, tente de la raisonner et ira de toute façon assister à cette union car il n’a qu’un seul fils, un fils qu’il aime. « Il lui a dit qu’il aurait de la peine de ne pas la voir à ses côtés et surtout que peu importe sa décision finale, lui irait ! » Dans la maison familiale, il y a des disputes, des cris. Mais non ! Elle n’avortera pas de force, l’histoire ne se répétera pas pour elle. Le mariage a finalement bien lieu, avec deux témoins et les parents. « Ainsi je suis née sept mois plus tard et d’après ce qu’il se dit dans la famille c’est la première et unique fois que mon père voyait le visage de ma grand-mère paternelle s’illuminer. »

« Finalement dans tout ça, c’est l’amour qui a gagné, même si cela a été accompagné de douleur. »

Une réflexion sur “Hélène et sa soeur

  1. Ping : Acte I – Scène 5 pour “Plume d’Amour” « à l'Encre de ma Plume…

Une réaction ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s