Hakim, le Street militant

 
     9-3 pour les uns, 93 pour les autres et enfin Seine Saint Denis pour lui redonner ses lettres de noblesse. C’est ici que l’on retrouve Hakim. A 31 ans, il mène une guerre qu’on qualifierait d’intellectuelle, de visuelle, de spirituelle et surtout qui lui tient à coeur. « D’abord je lutte contre moi-même et par la suite contre les Sionistes. » La question palestinienne est omniprésente dans sa vie qu’il veut tenter d’épargner de l’habituel moule « conso, boulot, dodo ». « La société voudrait nous voir rentrer dans des cases, mais moi je ne joue pas le jeu ! » Ainsi, il ne tombe pas dans la routine et il assume cela. C’est souvent la caméra à la main qu’on le retrouve dans les conférences et les manifestations. « J’ai des convictions que j’accompagne d’actes parce que je pense que c’est une obligation pour être crédible. »

Hakim vs Rothschild…

     Capitalisme, Sionisme, Nouvel Ordre Mondial sont des ennemis contre lesquels il lutte. « Ce ne sont pas que de simples conceptions de quelques milliardaires comme Rothschild ou Rockefeller. Chaque habitant, moi-même également, est en quelque sorte acteur dans ces idéologies-là. En consommant les produits qu’ils vendent, nous finançons la création d’un monde où l’homme n’a pas sa place. » Rester humain serait donc l’objectif numéro un dans son combat. Et justement, dans cette lutte, il a réussi à trouver les bons partenaires. « Au sein de l’Association Touche d’Espoir, j’ai retrouvé tout ce que je cherchais. L’équipe est souriante et tolérante. Il n’y a pas de jugement sur l’autre, sur son apparence, son mode de vie ou alors ses idées personnelles. » Comme un léger coup de pub ? Voyant les autres membres du groupe, on comprend bien ce que veut dire Hakim. « En équipe, nous avons la chance de participer à des activités qui aident des personnes à retrouver le sourire. » En terme de « galères », il en connaît un rayon parce que lui-même s’est retrouvé en foyer de travailleurs étrangers dans le 94. Mais au moins, il avait un toit sur la tête, contrairement aux SDF qu’il aide. « Je n’oublie pas le fait que lire le Coran m’a beaucoup apporté et m’apporte encore courage et accompagnement aujourd’hui. » Il peut donc s’imaginer à quel point la misère est une chose très difficile à vivre. « Ce que j’aime quand on va à la rencontre des personnes dans les rues, ce sont leurs sourires. Ils nous racontent un bout de leurs vies, ça nous remet un peu les idées en place et puis ils nous remercient de les avoir écoutés. » Quand la reconnaissance est au rendez-vous, il est normal de vouloir s’investir encore plus dans des actions, des projets, des nouveaux événements.

La Street Télé.

     Sous la couche associative, se cache autre chose : la Street Télé. Il s’agit d’une façon de dénoncer par l’image. « Cela prend pas mal de temps. Sur Internet, je repère les vidéos qu’il ne faut absolument pas rater et j’en tire le plus important afin de pouvoir les partager à mon tour. » Présent sur le terrain, il réalise des séquences à la mosquée de Drancy, pour ne citer que ça. « J’ai la chance d’être casanier donc même si les montages et les visionnages me prennent énormément de temps, ça ne me dérange pas. » De toute façon, il classe la Street Télé dans ses aspirations personnelles. « J’ai envie d’être là où je suis le plus utile pour les causes que je défends. » Un plan de carrière bien défini ? Ne lui en parlez pas, ce n’est pas son truc ! Personnellement et professionnellement, il aimerait simplement vivre sans excès, « s’Il » le veut bien, entendez par là Dieu. C’est la religion justement qui lui fait dire que s’il avait été un lieu, il aurait été la Mosquée Al Aqsa. Etre une autre personne ? Malcolm X. « Les gens comprendront ce choix juste en lisant cette citation que j’ai apprise par coeur : « Si vous n’êtes pas prêts à mourir pour elle, retirez le mot « liberté » de votre vocabulaire ». » Si un sentiment devait représenter Hakim, cela serait la colère contre ceux qui détruisent le monde, contre l’intolérance et le système qui fait « crever » les gens de faim. Enfin un objet ? Une pierre. « Comme l’a dit un rappeur, je serais « la pierre que ramasserait un enfant palestinien ». » Finalement, Hakim finit tel qu’il a commencé en parlant du Sionisme et de la Palestine. « Cela fait plus de soixante ans que cette partie du monde est occupée, que des gens innocents sont assassinés. Des meurtres sont commis devant nos yeux et à notre échelle la seule chose qu’on puisse faire est de boycotter les marques qui financent les armes : Coca Cola, McDonald’s… » Le point levé, arborant un keffieh, on reconnaît bien le Street militant.

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