Jeunesse musulmane de France

    
     Elles n’ont pas les mêmes parcours et viennent d’horizons différents. Certaines sont algériennes, d’autres marocaines, ou encore turques. Agées de la vingtaine, elles ont la motivation pour moteur et paraissent sûres d’elles. Nabila, étudiante en communication et gestion des entreprises, est la première à le prouver. « Avoir choisi ce chemin me permettra d’avoir un travail que j’aime inchallah. » Les études suscitent des vocations. « Je me donne dix ans pour devenir Directrice des Ressources Humaines. Tic tac, l’heure tourne », précise Amel avec sourire. Elle s’est lancée dans ce secteur après s’être cherchée. « Mes premières années de fac ont été difficiles. J’ai travaillé en intérim et j’insiste sur le fait de ne pas dire job étudiant, je trouve ça péjoratif. » La motivation est de mise dans la famille car sa soeur Elbatoul est à la Sorbonne, en Master Transport Logistique. « C’est un monde de macho, mais tellement dynamique. Je fais ça par envie sinon j’aurais abandonné. » Elle aimerait trouver un poste qui lui permettrait d’oublier les galères étudiantes. « Quand on est étudiant c’est difficile financièrement. Moi qui aimerais voyager, je ne peux me payer que des Paris-Lyon ! » Trouver sa voie, là elle est le vrai challenge pour cette jeunesse musulmane parce que nombreuses sont les personnes qui doutent, comme Smahane. Elle a quitté Arles pour la capitale. « Je veux y étudier. J’ai passé un an à la fac pour rien. Je dis souvent que j’ai eu le temps de passer un diplôme maison option ménage. » La formule fait rire parce qu’assez originale mais elle montre tout de même la frustration d’avoir perdu du temps. En plus de Smahane, il y a aussi Halima, qui n’a pas pu décrocher son Baccalauréat. « Le lycée, c’était loin de m’intéresser. Aujourd’hui, j’en paie un peu le prix. Je fais quelques missions intérim de temps à autre. Et puis, j’ai des nièces que je garde assez souvent. »

Les rêves des parents. 

     Etudier est le principal conseil des parents. « J’ai décidé de faire du droit par conviction et aussi parce que c’est le rêve de mon père. Il aimerait pour moi une carrière juridique. J’espère réussir pour le plus grand bonheur du plus beau papa du monde », c’est ce qu’explique Assia qui s’est installée à Reims pour ses études. Les souhaits des parents motivent et c’est aussi ce que pense Asiye. « Depuis mon déménagement dans une ville peu desservie par les transports en commun, mes déplacements sont réduits. Mais je continue ma formation par correspondance, non seulement pour moi mais aussi pour mon père qui serait fier de moi si je devenais expert comptable. » Se trouver dans une petite ville est l’occasion pour elle de s’intéresser à de nouvelles choses. « Je porte le hijab et depuis quelques temps, je coiffe les foulards pour les grandes occasions. »

Les études et le bénévolat.

     Il y a donc ces combats au nom des enfants et ces combats au nom des femmes. Dounia, étudiante à Toulouse, en est une protagoniste importante. Originaire de la région lyonnaise, elle a toujours su qu’elle voulait être professeur des écoles. « Il faut dire que le fait d’avoir un projet professionnel très tôt aide à ne pas arrêter ses études. » En plus de l’accompagnement scolaire, elle est aussi investie dans une association qui vient en aide aux femmes battues. « C’est très important pour moi. » Sur le plan professionnel, son rêve ? Mener ses élèves vers le plus bel avenir.

De rien à tout.

     Et il y a celles qui ont eu du mal durant des années sans en parler, comme Bouchra qui travaille avec des enfants atteints d’handicap. « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu travailler avec des enfants handicapés. » Evoluer avec eux et se sentir utile, c’est ce que veut Bouchra. Après son Bac, elle s’inscrit à la fac. « Mais la vie fait qu’à un moment on doit ou on est contraint d’arrêter ses études. » Les études abandonnées, elle passe de boulot en boulot avant de revenir à sa première vocation. Sa philosophie et sa foi l’aident à être ce qu’elle est. « Dans une vie je pense que l’on peut en vivre plusieurs, souvent des périodes qui nous font chuter pour nous permettre de mieux nous relever. Autant ne pas baisser les bras car comme on dit la roue tourne et ce qui nous paraissait insurmontable peut nous faire grandir par la suite. Et ce n’est que dans l’action que l’on peut avancer. »

Un jeune homme dans tout ça.

     Surtout, il ne faut pas oublier les hommes ! Abdel est leur représentant. Il passe son Bac cette année et espère l’avoir. Quand on dit que les jeunes sont ambitieux c’est totalement vrai. Preuve en est, Abdel aimerait faire du droit. Et puis plus tard pourquoi pas s’installer aux Etats Unis ! Pour pouvoir goûter au rêve américain…

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