La mystérieuse Djamila

    
     Les fervents supporteurs lyonnais se mettraient à huer Djamila sachant qu’elle vit à Saint-Etienne, l’ennemi de toujours. En ce mois de mai 2010, elle devrait fêter ses 21 ans et se faire encore un peu plus grande soeur, au regard de son unique petit frère. « Je vis avec ma mère et mon frère. J’ai perdu mon père assez jeune. Que Dieu veille sur son âme, il nous a quittés alors que j’avais seulement 3 ans. » Actuellement volontaire au Service Civil à Unis-Cité, cette Française d’origine algérienne porte un intérêt important aux missions aidant à vivre en collectivité. « Le fait de voir le monde se détériorer m’a frustrée. C’est surtout le fait de rester sans agir qui a éveillé en moi ce sentiment. Quand est ce que cela a commencé ? Je ne pourrais pas le définir. » Ainsi, elle préfère bouger plutôt que de laisser faire la passivité. Etre attentiste ne lui correspond pas tout comme les mots sans les actes. « Dire que tout va mal et dénoncer par les paroles sont deux choses. L’entraide et l’action en sont deux autres. Parler sans agir ne sert à rien. » Lorsque l’on regarde autour de nous, on se rend vite compte de la véracité des propos.

Un jour d’Hiver.

     Cela peut sembler un peu banal mais c’est effectivement durant certaines après-midis hivernales que Djamila a débuté les maraudes avec d’autres personnes, qui se sont portées volontaires. « Il y a eu quelques maraudes afin de venir en aide aux sans domicile fixe. On a distribué de la nourriture, des vêtements chauds, des couvertures. Ca s’est fait dans les rues stéphanoises et lyonnaises. » Aujourd’hui, le combat continue avec pour le coup un autre pays et des enfants. « En ce moment, nous sommes en contact avec un centre cancéreux pour enfants à Oran. Avec l’Association Touche d’Espoir, nous comptons organiser un concert qui permettra d’envoyer des jouets, du matériel scolaire sur place. » Parallèlement à ce chantier, comment ne pas parler de la petite Maelys, atteinte du syndrome d’Angelman, une maladie génétique ? « Un projet d’aménagement du domicile de cette fillette est en cours. Les plans sont faits et il reste le plus difficile à présent : évaluer les sommes nécessaires et les sources de financement. »

Se battre.

     Le domaine humanitaire est un milieu dans lequel il faut jouer des coudes et s’investir personnellement afin de parvenir à son but. Djamila, elle, fond pour les enfants et pour eux, il faut donner le maximum. « On doit se battre pour ces petits anges qui sont très attachants. Les enfants atteints d’handicaps méritent d’avoir un environnement qui leur facilite la vie. » Le problème reste pourtant l’argent parce que rien n’est gratuit tandis que les infrastructures manquent. « Chacun doit donner de son temps, de sa générosité. La solidarité est une valeur importante. On a tous au fond de nous une réserve immense, encore faut-il en faire profiter ceux qui sont dans le besoin. » Mais pour Djamila, l’Homme a bien les capacités de le faire. La concernant, elle a trouvé comment aider, par son investissement dans le monde associatif. « Pour l’instant je ne travaille pas. Au sein d’Unis-Cité, je ne suis que volontaire. Donc les projets personnels se font petit à petit. » Aspirations professionnelles et personnelles présentes ou non, la Stéphanoise semble de toute façon bien partie pour rester dans l’humanitaire. « Merci, oui merci de me permettre de véhiculer mes idées avec ce portrait. J’en profite même pour dire merci aux personnes qui se décideront peut être à agir en lisant ce que je pense. Et puis, même si je n’ai pas réussi à faire naître de vocation, merci quand même. » Réussira-t-elle à réveiller le côté associatif qui sommeille en chacun de nous ? D’ailleurs, avant de la quitter, comment ne pas profiter de l’instant pour s’amuser à un portrait chinois avec une Djamila qui reste quand même assez mystérieuse, pour ne pas s’être livrée totalement sur elle. « Si j’étais un lieu, je serais une mosquée. Si j’étais un objet, je dirais un tapis de prière. Si j’étais un sentiment, ce serait l’amour ! » Le meilleur pour la fin, si elle était une autre personne, elle ne serait qu’elle-même. Oui, parce qu’il semblerait que la franco-algérienne ait une autre facette de sa personnalité qu’elle ne montre pas à grand monde. Mystère, mystère…

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