Sami, mi-foot, mi-chocolat

    
     Chut ! Il semblerait que l’Olympique de Marseille joue ce soir, donc le monde vient de s’arrêter de tourner autour de Sami. A 40 ans, ce tunisien né à Bizerte a le sang contaminé par un mal ou par un bien que l’on appelle « football ». Dernier d’une famille de quatre garçons, c’est peut être cela qui le rend accro à ce sport. « Nous habitons à Marseille, à cinq minutes les uns des autres. Nous nous voyons tous les jours. » Une situation qui fait que les liens familiaux sont très forts. « Ca a toujours été comme ça. Nos parents ont su accorder à chacun une place, sans faire de différence. Ils ont distribué l’amour à part égale. » Donc, il n’y a presque jamais de conflits entre les garçons. De plus, aux yeux de sa mère, Sami reste le petit dernier. « C’est vrai qu’elle me prépare à chaque fois des bons plats que je réchauffe. Je représenterai peut être toujours le petit garçon qu’il faut protéger à ses yeux. » Affectueuse et tendre à son égard, un comportement qui semble plaire au supporteur marseillais. « Depuis l’enfance c’est ainsi et c’est plutôt plaisant je dois dire. »

« Droit au but ».

     En grand passionné par le ballon rond et qui plus est, habitant la cité phocéenne, Sami est comme tous les Marseillais qui se respectent, un fervent supporteur de l’OM. « Les soirs de match, on se retrouve dans la maison familiale qui prend un air festif. » Footeux ! Voici ce qu’il est parce que ce sport lui prend vraiment beaucoup de temps, que lui-même accorde avec plaisir. « Je me déplace fréquemment pour suivre les rencontres à l’extérieur. Une grande partie de mon budget y passe ainsi que mes week-ends. De plus, je joue aussi en ligne. » On a le sentiment en apprenant tout cela qu’il est réellement dépendant. Pourtant, il avoue avoir fait des efforts au cours de ces derniers mois, surtout pour préserver sa vie privée. « Je me suis marié et j’ai divorcé. Le problème venait de moi. J’ai toujours assumé mes erreurs. J’ai pris conscience que c’est vraiment moi qui n’aies pas su accorder de l’intérêt à mon ex-épouse et à mes enfants. » Avec du recul, il se rend compte que le football a une emprise sur lui. « Je change, je fais des progrès. Depuis mon divorce, je me suis mis à la prière. En plus de cela, nous nous sommes beaucoup rapprochés avec mes enfants. » Activités en commun, longues discussions…ils rattrapent le temps perdu petit à petit. En voyant sa passion pour le football, on doute fort qu’un autre domaine puisse être autant apprécié par Sami ! Erreur, il y a bien un petit quelque chose. Est-ce que cela pourrait atteindre le degré d’importance du football ? Peut être pas, mais l’universalité de ce petit péché mignon serait bien capable de remettre les pendules à l’heure. Voici le match football contre…chocolat ! « C’est une seconde passion. Je n’aime pas l’idée de voir des chocolats enfermés dans un ballotin de luxe. On les expose, on les étale en vitrine pour une certaine clientèle alors que tout le monde devrait manger du beau et du bon chocolat. »

Du chocolat pour tous.

     Les paroles de Sami ne s’arrêtent pas là. En effet, il souhaiterait réorienter sa carrière professionnelle dans la chocolaterie justement. « J’ai dans l’idée d’ouvrir un salon de thé où les gens pourront venir déguster du chocolat qui sera fait maison. Qu’importe les bourses, je rendrai ce produit dit « haut de gamme » accessible à tous. » Le pari est donc lancé alors qu’il n’est pas du tout dans son secteur professionnel, lui qui est informaticien. « A 40 ans, vouloir se réorienter n’est pas très évident. Je me suis renseigné sur les écoles qui préparent au CAP d’Artiste Chocolatier, en formation pour adulte. Il faut savoir que cela peut prendre de 6 à 12 mois. » Sami a bien du temps avant de démarrer les premières sessions, étant donné que les prochaines ont lieu en novembre. Pourtant une question persiste, pourquoi vouloir se lancer dans le métier alors qu’il pourrait rester un simple fervent supporteur de chocolat comme de l’OM ? « On peut dire que c’est grâce à ma fille. Je lui ai offert un petit atelier de confection de chocolats. Après des essais laborieux, nous avons réussi à faire des pièces splendides, assez originales et bizarrement le goût est meilleur que celui des chocolats vendus dans le commerce. » Après cela, l’apprenti chocolatier fait du matériel de sa fille sien. Petit à petit, cette activité est devenue la distraction de ses soirées jusqu’à préparer des chocolats pour les collègues de travail. « Je confectionne, j’emballe soigneusement puis j’offre. » Sami fait plaisir aux autres en se faisant plaisir à lui-même, dans la sérénité et le calme. Comme toute activité de création, il faut de la patience mais cela vaut le détour lorsqu’on se retrouve avec de nouveaux goûts, de nouvelles associations. « Chocolat amande-orange, chocolat épicé…j’adore ces couples. Je dois aussi préciser que je peins moi-même chacune des pièces créées. C’est mon côté artistique qui se révèle. » Pour le coup, dans la rencontre chocolatier contre informaticien, ce sera 1 à 0 pour le premier. Dans quelques mois donc, Samir quittera un monde pour se consacrer entièrement à un autre univers. « Je suis motivé et courageux. Jamais, je ne baisserai les bras même si je dois tout apprendre. » Originale et naturelle, c’est ainsi qu’il veut que sa façon de travailler soit dans le secteur de la chocolaterie. De quoi annoncer des mariages certainement peu communs avec de la pomme, de la cannelle, du café, du fraisier… Préparez vos papilles, ça arrivera bientôt tout droit depuis Marseille.

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