Sounaham, la marque d’une mère

     
     Géraldine pour les uns et Dounia pour les autres, cette jeune femme a monté sa propre entreprise de vêtements. Originaire de Villefranche-sur-Saône, cette mère de famille de 27 ans, qui plus est voilée, décide de sauter le pas en créant sa marque. « Je n’arrivais pas à trouver un poste de secrétaire comptable avec mon hijab, en plus j’allais arriver en fin de droits d’allocations chômage. » Pour trouver un nom à son bébé, elle fait preuve d’originalité et veut faire un clin d’oeil à ses enfants. « J’ai appelé ma marque Sounaham. C’est le mixage du début des prénoms de mes trois enfants : Soumiya, Nahila et Hamza. » Son activité, elle la débute il y a maintenant près d’un mois en distribuant d’abord des tracts sur le Villefranche afin de se faire connaître. « Je ne voulais pas louper de potentielles commandes pour l’Aïd. D’ailleurs, ça a assez bien fonctionné parce que j’ai été débordée. Depuis, ça s’est calmé et je reçois régulièrement des commandes el hamdoulilah. » Quant à son site web, hijab-creation.com, il est actif depuis la miseptembre. L’idée de créer la marque Sounaham lui est venue parce qu’elle confectionne elle même ses vêtements. « Souvent, des soeurs musulmanes me sollicitaient car mes tenues plaisaient. Elles me demandaient si je confectionnais pour d’autres personnes. Je n’ai jamais osé me lancer parce que je n’avais pas le matériel adéquat pour fournir un vêtement de qualité. » Elle ronge donc son frein par manque de moyens mais également par crainte de ne pas réussir car ouvrir sa propre affaire est un risque. Finalement, une aide financière de sa famille va lui être proposée. « C’était une manière de m’inciter à me mettre à mon compte. C’est grâce à ça que j’ai décidé de me lancer. » Pour elle, cela représente le travail idéal. « Etant divorcée, j’ai la possibilité de subvenir aux besoins de mes enfants et installée dans mon garage, je n’ai pas besoin de les faire garder quand ils ne sont pas à l’école. De plus, je peux travailler en portant mon voile et par la même occasion, être en accord avec ma religion à travers mon travail. »

Des moyens simples.

     Soutenue par son entourage, elle se lance d’abord dans une étude de marché prometteuse. « Ayant une formation d’aide comptable, j’ai pu étudier mon projet en établissant un prévisionnel financier. Par la suite, j’ai passé un stage obligatoire auprès de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat sur Villefranche. Cela m’a donc permis d’être immatriculée. » Les démarches administratives remplies, elle peut regrouper son matériel dans son garage qu’elle isole et transforme elle-même en atelier. « J’ai acheté deux machines à coudre industrielles, un stock de tissus et j’ai aussi gardé ma machine personnelle juste en cas de panne. » En plus de tout ça, elle remet en état un portique de vêtements et se fabrique une table de coupe. « Ce sont des moyens très simples mais suffisants el hamdoulilah. » Dans tout cet enthousiasme, elle émet un bémol. « Pour que mon entreprise tienne face aux charges sociales et que je puisse vivre de mon activité, il faudrait une publicité plus importante mais aussi que j’arrive à vendre environ cinquante modèles par mois. De toute façon, j’ai dans l’espoir que mon site aura du succès inchallah. »

Et les collections dans tout ça.

     « Pour l’instant, je propose des hijabs et abbayas pour femmes et enfants. J’espère sortir prochainement une collection de kamis et sarouels pour hommes (et femmes). J’ai aussi des idées de nouveaux modèles de sitars et d’abbayas… En bref, je veux essayer d’arriver à proposer une large gamme de tenues inhérentes au mode de vie musulman. » Comme les grands couturiers, elle pense déjà à sa collection printemps avec des tenues de baignade pour les femmes voilées ! Vous l’aurez compris, Dounia est une femme ambitieuse qui a des projets pleins la tête. Et quand on lui demande quel public elle vise en particulier, elle répond que les premiers clients potentiels sont les musulmans, « mais rien n’empêche des personnes non-musulmanes d’être intéressées par une abbaya qu’elles porteraient à la maison. J’en connais d’ailleurs beaucoup qui portent des djelabas. De plus, si dans l’avenir je venais à vendre des articles de beauté ou de bien-être, cela pourra toucher n’importe quelle femme, musulmane ou non. » Un signe qui montre que son commerce est ouvert à tout le monde. Ce qui est sûr, c’est que cette jeune femme, qui porte le voile par choix personnel et qui tient à le préciser, est optimiste : « Alors maintenant que je suis lancée, inchallah ça marchera sinon el hamdoulilah ! »

Article publié ici

Une réaction ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s