Un Beni Yazgha à La Réunion

 
     Les Beni Yazgha sont à Patryck ce que les Beni Snassen sont à la chanteuse Wallen, c’est-à-dire leurs groupes tribaux au Maroc. Pourtant rien ne laissait présager par le passé qu’il en ferait partie aujourd’hui. En effet, Patryck a vu le jour bien loin de la terre marocaine. « Je suis né à Condé sur l’Escaut à la frontière Franco-belge, en 1947. » Aujourd’hui, retraité de l’Education Nationale, il coule de beaux jours à La Réunion. Néanmoins, malgré la distance, le Maroc reste important pour lui. « J’y suis deux mois par an et le reste du temps, je réside à La Réunion. » Ce sont les différentes mutations au sein de nombreux établissements scolaires qui l’ont amené à s’installer sur l’île avec sa femme, qui fait elle-même partie des Beni Yazgha. « Je me suis marié avec Zahra en 1969. A l’époque, j’enseignais à El Menzel et je me suis converti à l’Islam devant le Grand Cadi de Fès. » A partir de cet instant, son attachement pour la région ne va faire que grandir.

L’Education Nationale en famille.

     Devenir enseignant a été une évidence très tôt pour Patryck. Passionné par tout ce que cela représente, il n’a jamais regretté ce choix. Et il faut dire que sa profession lui a permis de voyager énormément. « J’ai exercé successivement dans le département du Nord, au Maroc, dans le Cantal, à La Réunion, dans l’Aude, à Mayotte et enfin à Maurice. » Là, il s’arrête quelques minutes sur son expérience au Maroc pour en expliquer les circonstances. « J’ai voulu suivre l’exemple d’une de mes tantes maternelles et de son mari, qui a été instituteur à Imin Tanout puis professeur à Marrakech. Moi, de mon côté, j’ai pu exercer à El Menzel, à Ahermoumou (région de Fès) et à Essaouira. » D’ailleurs, Patrick ne sera pas qu’instituteur. Il va également occuper les postes de professeur des collèges et des lycées, d’inspecteur départemental, de principal puis de proviseur. Et aujourd’hui, ce grand père retraité profite pleinement de ses trois enfants : Hakim, Nadia et Leila ; ainsi que de ses petits enfants : Maria, Sami et Dounia.

Retraité mais actif.

     La distance qui le sépare du Maroc n’empêche pas Patrick de garder des contacts avec les personnes qu’il connaît sur place. Il est aussi à l’origine de certains forums et sites web sur la région d’El Menzel et sur le cercle des Beni Yazgha. Parallèlement à cela, il lit et écrit énormément. D’ailleurs il a publié quelques recueils de poésie et travaille en ce moment sur un roman. Quand on l’emmène sur le terrain politique, il déclare être très engagé sur la question et être passionné par l’actualité, quelqu’en soit le domaine. Bien évidemment et pour ne pas faire mentir la tradition, jardinage et bricolage font aussi partie de ses activités de retraité. Lorsqu’on lui demande de se tourner vers l’avenir, l’émotion est palpable. « J’aimerais vivre en paix et profiter le plus longtemps possible de mes proches et de mes nombreux amis. » Son parcours, qui lui a permis de voir des endroits tous différents les uns des autres, fait qu’aujourd’hui son maître mot est « diversité ». C’est sur ce sujet, qu’il décide de terminer : « Je souhaite que vienne le jour où les Hommes arrêteront de stigmatiser leurs différences, comprendront qu’il n’y a qu’une espèce humaine et s’uniront pour essayer de bâtir enfin une humanité harmonieuse et solidaire. » Inchallah…

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