Dimanche 18 novembre : Du nouveau sur GAZA grâce à Amir Hassan

Gaza City 18 novembre, 2012. REUTERS/Ahmed Zakot
(International communities against Israel – FACEBOOK)

Dimanche 18 novembre. 10h39 à Paris. 11h39 à Gaza. Appeler Amir est une habitude à présent. Une fois au téléphone avec lui, il me dit que plus les jours passent et plus c’est difficile. Cela fait quatre jours à présent qu’il n’est pas sorti. « Hier aux alentours de 18 ou 19 heures, j’ai voulu dormir un peu. Tout à coup, j’ai entendu un bombardement puis j’ai vu une lumière rouge. Quand je suis allé à la fenêtre, j’ai vu un homme sur une moto qui venait d’être touché dans la rue. Il y avait son corps jeté d’un côté et sa moto de l’autre. Un avion d’observation venait de le viser. » Amir a pris conscience en voyant ces images que s’il avait été dehors à cet instant, il aurait lui aussi pu mourir. Aucune rue n’est en sécurité.

Hier soir toujours, le centre de presse Chawa où se trouvent entre autres les radios locales, la chaîne de télévision Al Quds, a été touché. « Le bâtiment est encore debout. Ce sont des étages que l’armée a visé. Ce sont des journalistes qu’elle a voulu tuer. Un journaliste a perdu sa jambe. L’autre tour, Al Chourouk, a aussi été frappée ce matin. S’en prendre aux journalistes prouve que l’armée ne veut pas que le monde voit ce qui se passe. Et en même temps cela prouve que les journalistes ne sont pas protégés !  » L’état hébreu bombarde également ce qui a déjà été bombardé, à savoir le Stade de Palestine, principale enceinte sportive dans la Bande de Gaza mais aussi la Cité Yasser Arafat pour la Police. Le camp Al Shati, également appelé Beach Camp, a été touché. « Il y aurait trois blessés et un mort. Un martyr, un père de famille. Les bateaux israéliens tirent aussi et ont touché des maisons. A la télévision, tout de suite, ils disent qu’il y a eu 50 non maintenant c’est 54 morts et 550 blessés depuis le début de l’opération. »

Dans les médias, les journalistes et le Ministère de l’Intérieur demandent aux gens de ne pas sortir dans la rue, de ne pas se réunir autour de lieux bombardés car Israël peut les cibler. « On entend parler de trêve mais ce n’est pas vrai. Israël parle d’élargir ses objectifs sous 48 heures avec une opération terrestre. Pourtant s’il bombarde ce qui est déjà en ruines comme les Ministères, c’est bien que les cibles ont déjà été atteintes, non ? » Une visite du chef de la Ligue Arabe devrait avoir lieu, me dit Amir, mais il n’en sait pas plus. Le Quartier Zaytoun a aussi été attaqué ce matin. Cependant même les médias n’arrivent pas à suivre, tellement Israël s’acharne. « Je profite d’avoir de l’électricité à la maison pour consulter les sites internet et regarder la télévision. Là, en ce moment, nous avons un générateur dans l’immeuble. »

Lorsque l’électricité est coupée, Amir écoute les bombardements. Il en voit depuis sa fenêtre. « Israël est un état criminel. Lorsqu’il bombarde un lieu et que les secours arrivent, il peut se remettre à bombarder ce même lieu. Il veut nous empêcher de vivre, veut nous rendre totalement dépendants à lui. Même les terres agricoles sont détruites, sont brûlées au phosphore ! Comment replanter après ça ? Cultiver ? C’est impossible. » Amir me dit que les Israéliens veulent les affaiblir psychologiquement. « Ils ne respectent pas les lois internationales. Ils ne respectent rien. » Chaque minute, un martyr tombe. Encore en ligne, Amir m’indique qu’une fillette de 8 ans est morte. Le compteur des morts de Pilier de Défense continue à tourner… Juste avant de publier ses nouvelles, Amir Hassan précise qu’une famille a été décimée : trois personnes, dont deux femmes, sont mortes et il y a de nombreux blessés… Tous de la même famille ! Un massacre à Gaza.

Malgré tout cela, Amir me transmet un message positif. « Hier j’ai pu intervenir par téléphone au cours de la manifestation qui avait lieu à Lyon. Et je voudrais que tu remercies pour moi toutes ces personnes qui pensent à nous. Dis leur merci pour cette solidarité. C’est important que vous manifestiez pour nous. Cela nous donne de l’énergie, du courage pour continuer à vivre. On sent qu’on est aimé par des gens fidèles et surtout honnêtes. Même si vos gouvernements ne nous soutiennent pas, on fait la différence entre eux et les peuples. Pour moi, toutes ces personnes qui pensent à nous sont des amies, sont nos amies ! Dis leur merci. » Merci aussi à toi Amir !

« Gaza l’Espoir »

par Siham TOUIL

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2 réflexions sur “Dimanche 18 novembre : Du nouveau sur GAZA grâce à Amir Hassan

  1. Très émouvant, à suivre et à diffuser, mais que vient faire la pub finale, angliche-nouillage-hollywood-chouingomme, qui vient imposer ce paravent attrayant et illusoire du même système de formatage global et “différentiel” qui a changé la Palestine en terrain de chasse et en camps de la mort, lente ou violente. Si cette escroquerie demeure sur votre site, je ne saurais y revenir.

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