Stéphanie, la végétarienne vs Shaheen, la carnivore

A gauche le plat préféré de Shaheen. A droite, celui de Stéphanie

A gauche le plat préféré de Shaheen. A droite, Stéphanie présente un plat cuisiné avec des protéines de soja

Après toutes ces découvertes révélées dans les médias au sujet des plats préparés commercialisés, est-ce que les consommateurs ont remis en question leurs habitudes alimentaires ? Afin de répondre à cette interrogation, le blog s’est intéressé à Stéphanie et Shaheen. La première végétarienne. La seconde carnivore.

Sans viande
Stéphanie a 30 ans. Cela fait maintenant 10 ans qu’elle est végétarienne. « Je me souviens d’un atelier de cuisine quand j’étais petite. La viande était l’ingrédient principal et lorsque j’ai pris conscience qu’on tuait un animal pour ça, j’ai été écœurée. Je n’y ai plus remis les pieds. C’était inconcevable pour moi de tuer un animal. » Aujourd’hui, il lui arrive souvent de rencontrer des personnes qui considèrent qu’être végétarienne est source de carences et surtout synonyme de mauvais exemple pour les enfants. « Il faut quasiment se battre pour pouvoir argumenter face aux réactions souvent exacerbées et abusives de carnivores affolés. » Elle donne cette anecdote qui a eu lieu en Afrique, où elle s’est déjà rendue. « Même lorsqu’on avait spécialement tué une bête pour nous (les invités), mes arguments étaient très bien entendus, compris et respectés. » A ses yeux, les réactions sont trop agressives en France. Au bout de quelques années, à force d’entendre résonner le mot « carence », elle est allée chez son médecin pour se faire prescrire une prise de sang. « Toutes les analyses ont été faites et mon docteur m’a dit que j’avais de meilleurs résultats que les personnes qui mangent de la viande quasiment tous les jours ! » De plus, travaillant dans les collectivités, Stéphanie est témoin de ces quantités importantes de viande qui sont jetées tous les jours. « On tue des animaux qui finalement finissent dans les poubelles. Pour l’instant dans certains pays, les gens cherchent à se nourrir et des famines menacent ! » Il y a également cette empathie qu’elle ressent à l’égard des animaux. « Je suis animatrice et quand on visite une ferme pédagogique dans les Alpes et que les enfants fondent d’amour face à un petit veau, ils sont alors estomaqués quand ils comprennent qu’à table ils en ont mangé. Quand on visite un aquarium en Bretagne et que le guide explique que les bâtonnets de surimis tant aimés des enfants ne sont fabriqués entièrement que de déchets de poissons broyés, mixés à de la gélatine d’algues ou autre, colorés et assortis d’un goût de crabe sans en contenir, là aussi les enfants sont estomaqués ! »

Avec viande
Shaheen est âgée de 24 ans. La viande ? Elle en a toujours mangé. « Il peut s’agir de plats riches et copieux, pas vraiment de choses diététiques. Je doit absolument manger de la viande ou du poisson à chaque repas. » Impossible pour elle de se contenter uniquement de légumes. « J’ai grandi comme ça. C’est une habitude de vie. Je mange de tout et je fais du sport, c’est un rythme. » Son avis sur les végétariens est bien tranché. « Ils se compliquent la vie pour rien. Depuis la nuit des temps, l’Homme mange de la viande, chasse et pêche. Aujourd’hui je ne crois pas que les bœufs, les poulets, les veaux soient en voie de disparition. Ils se portent plutôt pas mal ! » Elle ne ferait pas amie-amie avec Brigitte Bardot…

La planète agroalimentaire
Pour Stéphanie, tant que les humains délégueront des choses aussi importantes que leur alimentation ou leur santé à d’autres humains sans même pouvoir contrôler ; tant qu’ils feront confiance à des géants de l’agroalimentaire qui écrasent les paysanneries et les artisans locaux, ils seront en danger. « Il ne faut pas être passif en ce qui concerne des choses aussi importantes que notre alimentation. Les personnes qui mangent de la viande devraient aller visiter les abattoirs. Cela les pousserait peut être à mettre plus de bons légumes bio dans leurs plats et moins de viande. L’agroalimentaire est l’un des plus gros marchés internationaux. Pourtant ça semble être un sujet tabou et compliqué à comprendre. Quand on s’y intéresse, il n’y a jamais de vraies réponses. Il y a trop d’argent en jeu. » Shaheen est de confession musulmane et donc veille à ce que les viandes qu’elle achète soient bien certifiées halal. « Je prends garde à ce qu’elles correspondent aux règles propres à ma religion. Cependant les derniers scandales sur la viande de cheval ne m’inspire rien. La réaction des médias est disproportionnée. Si demain on me disait qu’une viande halal contenait en réalité de la viande de porc, là je parlerais de gros scandales. Ce ne serait pas qu’un simple mensonge. » Alors Shaheen continue de manger de la viande comme d’habitude. « Je fais plus confiance à la certification AVS (A Votre Service – Association loi 1901 http://www.halal-avs.com). J’avais regardé un reportage en caméra cachée sur Canal +  sur les autres certifications et j’avais été choquée. » Alors elle ne se tourne que vers les abattoirs ou la boucherie où travaille l’un des membres de sa famille.

Changer de régime alimentaire un jour ?
Stéphanie, qui peut par exemple manger des protéines de soja, souvent confondues avec la viande dans l’aspect, la texture, la sensation dans les plats, pourrait-elle consommer à nouveau de la viande un jour ? « Oui je pense. Parce qu’on m’a donné le goût du sang quand j’étais petite. Je ne sais pas si je l’avais avant d’en manger pour la première fois mais je l’ai maintenant. »  Pour elle, le problème est que lorsque l’on arrête la viande c’est un peu comme quand on arrête la cigarette. Il faut presque changer d’environnement et d’amis sinon la tentation est toujours présente. « Je n’en achète pas moi-même et je ne suis pas tentée d’en manger quand je suis chez des végétariens. Mais pendant l’été et ses hordes de barbecues la tentation revient. J’espère de tout cœur ne plus en manger car je me sens vraiment mieux physiquement et mentalement. » Elle finit par une citation de Gandhi:  « On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités. » Du côté de Shaheen, être végétarienne ? « Jamais de la vie ! J’aime trop manger pour ça. Je pense que je serais frustrée si je devais me mettre à manger des légumes et surtout j’aurais des carences. »

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2 réflexions sur “Stéphanie, la végétarienne vs Shaheen, la carnivore

  1. Amusant ces points de vus différents confrontés, merci. 😉
    Pour ma part, je suis végétarienne depuis l’adolescence et végétalienne depuis quelques années et contrairement à ce que pense Shaheen (elle n’est pas la seule bien sûr), je ne me complique pas la vie. Je me régale chaque jour et à l’inverse de Stéphanie, si l’arrêt des produits animaux a bien représenté un gros changement d’habitude, ces derniers ne me font plus du tout envie aujourd’hui, j’ai bien d’autres délices à manger !

  2. 😀 ! j’aime beaucoup : Stéphanie qui dit que les omnivores lui rabâchent qu’elle doit avoir des carences et la conclusion de Shaheen qui dit « … et surtout j’aurais des carences. » 😀 !
    Moi c’est pas à la citation de Gandhi que je pense souvent mais à une fable de Voltaire qui en gros veut démontrer la même chose, et aussi à ces camions remplis de bêtes trop serrées, qui bavent, qui poussent des cris.
    Du coup j’avoue que bien que je sois omnivore j’ai de la sympathie pour la démarche des végétariens et je me dis souvent que si j’avais vraiment le courage de mes opinions c’est ce que je ferais aussi… Peut-être un jour ?
    Entièrement d’accord avec Shaheen sur l’impact de l’industrie alimentaire…
    C »est une honte qu’on leur laisse produire des trucs aussi dégueulasses que les steack hachés constitués de déchets de viande et même de broyats de carcasses (c’est ce qui avait été révélé lors du scandale de la vache folle) et la refourguer aux plus pauvres. Tout le monde aimerait « bien manger » je pense, mais c’est comme pour beaucoup d’autres sujets… le mode « survie » que vivent trop de gens, ne leur permet pas de ce type de réflexion malheureusement !
    Comme pour beaucoup de sujets, c’est toujours derrière la même cause aux multiples effets !… considérer l’argent comme un essentiel et en oublier toute moralité et bon sens.
    Pour obtenir un résultat, il faudrait les boycotter et revenir à la raison, mais je le vois mal engagé car les scandales alimentaires n’y ont rien changé (il y a 1-2 mois d’effervescence, 3 mesures et pchiit on oublie) et grâce aux petits-pots/cantines/bonbons/fast food, notre goût a été éduqué à ces produits et ça ne nous choque même plus : on trouve ça super bon des fois ! On édite même des livres pour cuisiner les produits cultes que sont le babybel, la vache-qui-rit, le nutella,… !

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