Les médias égyptiens appellent au racisme anti-palestinien

Belle rentrée des rencontres du samedi du côté de la Librairie Résistances à Paris ce 21 septembre. L’occasion de regarder les images du BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) Tour ayant eu lieu en août dernier. Mais aussi l’occasion de retrouver Amir. A Paris, il raconte son voyage depuis Gaza ainsi que la situation sur place…

Un voyage comme un parcours du combattant
« En juillet dernier je devais venir en France, cependant en raison de la fermeture du Passage de Rafah j’ai raté mon vol depuis Le Caire. Donc tout l’argent dépensé a finalement été perdu. » Aujourd’hui, Amir est à Paris pour occuper un poste d’assistant d’arabe. Son travail, son talent et sa persévérance ont eu raison du blocus ! « Nous sommes plusieurs à avoir voyagé en voiture diplomatique depuis Gaza vers le Nord pour le Terminal de Eretz. Là nous sommes arrivés en Israël et nous avons rejoint la Cisjordanie et le Pont Allenby. Puis nous sommes rentrés en Jordanie et nous n’avions qu’un seul jour pour quitter le pays. » D’un « simple » voyage depuis Gaza pour Le Caire, par Rafah, Amir est passé à un voyage par Israël et la Jordanie sans oublier l’Angleterre et Londres en escale… De quoi ne pas dormir durant plusieurs nuits ! « En avion, Gaza-Paris n’aurait pris que quelques heures. »

La Palestine comme paria…
« La fermeture du point de passage avec l’Egypte empêche des familles venues simplement pour les congés mais aussi des étudiants de quitter Gaza. Sans parler des Palestiniens qui ont interdiction de monter dans des avions pour atterrir au Caire. Ils sont bloqués dans le monde entier, sans argent, dans la difficulté. » Par ailleurs, les tunnels détruits entre l’Egypte et la Bande de Gaza ont réduit les quantités de carburants disponibles. Il n’y a de l’électricité que quatre heures par jour contre huit auparavant. Des produits alimentaires sont en rupture. « L’Egypte veut aussi créer une zone tampon comme celle que nous avons avec Israël. Ce sera une zone où nous ne pourrons pas nous rendre. » Une zone tampon évidemment mise en place sur le territoire palestinien… Les autorités égyptiennes réalisent une véritable campagne de propagande. Les médias jouent un grand rôle. « Sur des chaînes de télévision, on entend des insultes à l’égard des Palestiniens. Nous serions à l’origine de tous leurs problèmes. Par exemple, ils nous accusent de voler leur électricité car ils ont fréquemment des coupures de courant. » Insultés de chiens, d’escrocs, les Palestiniens ne sont plus les bienvenus en Egypte. « Dernièrement, dans un magasin à Gaza, j’ai rencontré des personnes avec un fort accent égyptien. Je leur ai donc demandé ce qu’elles faisaient ici. J’ai appris qu’elles étaient palestiniennes et qu’elles avaient toujours vécu dans le Sinaï, que leur famille y habitait depuis 1948. Cependant le racisme anti-palestinien ne leur permettait plus de vivre là bas. » De son côté, Moubarak qui réalise actuellement ses mémoires, apporte aussi sa pierre à l’édifice du racisme en indiquant que, de son temps, Arafat n’était rien d’autre qu’un espion à la botte d’Israël…

La Bande de Gaza est prisonnière. Au Nord avec le Terminal d’Eretz et le mur, à l’Est avec la zone tampon, au Sud avec le Terminal de Rafah et là encore une zone tampon que les Egyptiens comptent mettre en place et à l’Ouest avec la Mer Méditerranée et les bateaux de guerre israéliens pour détruire les pêcheurs. Et le ciel ? Il compte F16, drones et ballons d’observation… La Bande de Gaza est une véritable prison et un camp de concentration !

Publicités

Une réaction ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s