Souvenons nous de Gaza sous les bombes il y a un an…

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Il y a un an, la Bande de Gaza était la cible des bombardements israéliens. Une nouvelle opération militaire du nom de « Pilier de Défense ». Il y a un an, le 14 novembre 2012, Amir Hassan qui a passé quelques mois en France, reprend la route de la Palestine et de la Bande de la Gaza…

« Je suis parti le 14 novembre depuis Roissy Charles de Gaulle. A 21h je suis arrivé à l’aéroport du Caire. Là j’ai reçu un coup de fil de mon père qui me demandait si je savais ce qui se passait à Gaza. J’ai dit non ! Et il m’a répondu que Gaza était sous les bombes. » Amir craint alors la fermeture du Terminal de Rafah et redoute que les autorités égyptiennes le bloquent dans le centre de rétention au sous sol de l’aéroport.

« Finalement, après deux heures, j’ai pris un taxi pour la ville de Al-Arich dans le Sinaï. Cette ville est à une heure de Rafah. J’ai passé la nuit chez des amis palestiniens. Nous n’avons presque pas dormi car nous avons suivi l’actualité. Le lendemain je suis allé au Terminal de Rafah qui était ouvert. A 9h, il n’y avait que cinq ou six personnes. » On ne se bouscule pas pour rentrer à Gaza. Pourtant Amir préfère y être même sous les bombardements. Ne sachant pas comment tout cela finira, il sent sa place là bas et non en Egypte. « On ne connaissait pas l’issue. Et je ne voulais pas être un réfugié en dehors de ma terre. »

Gaza

Les pieds à Rafah, côté palestinien, Amir et les autres voyageurs prennent un bus collectif. « Sur le trajet, le chauffeur nous a dit que nous n’allions peut être pas rentrés chez nous car on voyait les bombardements avoir lieu autour de nous. Nous avions peur d’être visés. La ville de Gaza n’avait pas d’habitants dans ses rues. Finalement je suis arrivé chez moi. J’ai vu ma famille. » Les heures qui suivent, il commence à recevoir de nombreux appels. Des amis voulant prendre des nouvelles, savoir ce que connaissait Gaza mais aussi des journalistes qu’il a également reçus chez lui. « Personne ne réalisait ce qui se déroulait. J’ai donné des informations sur la situation comme j’ai pu. J’ai profité des heures d’électricité afin d’envoyer des mails. J’étais un peu comme un correspondant de guerre. Et sur le blog à l’Encre de ma Plume, j’ai rapporté ce que je voyais chaque jour. Nous avons publié la vie sous les bombardements grâce aux échanges téléphoniques. »

Quatre ans après l’opération de 2008, Israël s’attaque de nouveau à la Bande de Gaza tandis qu’en 2008 justement, tout avait été bombardé. Qu’est que l’état hébreu a donc oublié de détruire ? « On a échappé à la mort en 2008 par chance ou par destin mais on se disait qu’on ne survivrait pas aux bombardements de 2012. Pendant les bombardements, on a attendu, recevant des menaces d’Israël par sms, par tracts… et on a entendu les bombardements du Stade de Palestine, du bâtiment du Conseil des Ministres, de la tour des journalistes… En bas de chez moi, deux journalistes sont morts visés par un missile. »

Aujourd’hui en novembre 2013, on parle de ce triste anniversaire de novembre 2012. Afin de rappeler à tous et toutes ce qu’a subi la Bande de Gaza et ce qu’ont véçu les Palestiniens, Amir veut publier à nouveau chacun des articles écrits sur le blog l’année dernière durant l’opération militaire. « Le but est de dire aux gens de ne pas oublier. Les gens s’habituent trop vite et ne se rappellent plus des enfants et des femmes qui sont morts. Que deviennent les blessés ? Qui étaient tous ces morts ? Dans la Bande de Gaza, les Palestiniens ont le sentiment que d’autres bombardements auront lieu pendant que l’ONU ne fait rien. Gaza est sans électricité, sans eau, sans carburant, sans transport… Il y a toujours la restriction des miles pour la pêche. La zone tampon vole toujours les terres aux agriculteurs palestiniens. Il y quelques jours encore, les eaux usées sont remontées en raison de la panne de l’usine de traitement des eaux, faute de carburant. Aujourd’hui la situation est de pire en pire. Les Palestiniens sont tués discrètement. »

Chaque jour, du 16 au 22 novembre 2013, les articles écrits suite aux échanges téléphoniques entre Amir Hassan et le blog en novembre 2012, seront publiés à nouveau. La Palestine ne fait pas la une des médias, mais sur le blog, elle est en la vedette ! Merci à Amir Hassan pour son témoignage et sa disponibilité. 

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