« Enfants de la honte, les invisibles du Maroc », un web-documentaire de Zineib Ait-Elmkadem à soutenir

Partir au Maroc, à la rencontre des enfants nés hors mariage et des mamans. Passer de ville en ville et s’intéresser à ce sujet de société que représente « les enfants de la honte ». Zineib Ait-Elmkadem, jeune journaliste de 24 ans qui a grandi près de Mantes-la-Jolie, a fait ce choix.

Agadir, un taxi, un sac et un bébé
« C’est parti d’une histoire dont j’avais entendu parler il y a quelques années. Un taxi récupère une femme, tout juste sortie de l’hôpital Hassan II à Agadir. Elle monte et dépose un sac plein à craquer dans le coffre. C’est sa dernière cliente. Près à rentrer chez lui, l’homme se rend à la place des taxis à Inezgane et entend des pleurs de bébé provenant de sa voiture. Il ouvre son coffre et découvre le nouveau né. » En se penchant sur la question, Zineib se rend compte que c’est une pratique relativement courante au Maroc. Les situations sont très diverses : cas de viol, d’inceste ou de vraie relation amoureuse. Le résultat reste le même, des enfants et des mères qui sont rejetés. Le coût pour une mère célibataire est bien réel. « Souvent, quand un proprio apprend la grossesse illégitime de sa locataire, il la met à la rue. Dans certains cas, elle risque de perdre son emploi. Pendant mon enquête, j’ai constaté qu’on n’en parlait pas trop dans la presse marocaine alors que c’est typiquement un sujet à traiter. Le livre « Grossesse de la honte » de Aicha Ech Chenna m’a beaucoup aidée à comprendre le phénomène. »

Un Maroc moitié libéral, moitié hypocrite
Aux yeux de Zineib, l’hypocrisie vient davantage des mentalités que de la religion. « Les Marocains sont prêts à changer pour plusieurs choses mais sous certains angles les façons de penser évoluent plus lentement ou presque pas. On est très libéral pour la vente d’alcool et de plus en plus tolérant avec le travail des femmes par exemple. Mais pour une femme avoir un bébé hors mariage reste une honte. Cela vaut aussi bien pour les marocains vivant au Maroc que pour ceux à l’étranger. Même en France, un Marocain dira que c’est la « hchouma » et ce sans forcément en connaître les circonstances. L’Islam accentue tout ceci mais pour moi ce n’est pas la cause. » Le Maroc est ce pays aux multiples visages et les touristes qui foulent son sol y sont pour beaucoup. Le Concert pour la Tolérance organisé chaque année sur le territoire du royaume est un paradoxe du Maroc avec des artistes à moitié vêtues lorsque les femmes du public ont les cheveux couverts. « De Tanger à Tiznit, les Marocains sont habitués à voir des touristes. Ce n’est pas plus surprenant de voir des chanteuses américaines se pavaner sur scène en petite tenue. J’ai aussi en tête l’épisode Caftan 2013 au printemps dernier. Certaines créations avaient aussi agité la toile. »

« C’est un projet qui me tient à cœur à double titre »
Zineib a un attachement de longue date avec cette thématique, une fascination pour un sujet compliqué et très commun à la fois. « Mais c’est surtout parce que c’est tabou. Et comme je l’ai dit, je pense vraiment que ce sujet mérite d’être traité. Au départ, je souhaitais le réaliser dans un format documentaire classique. Finalement, je me suis dit que le web-documentaire me permettrait sûrement d’avoir une plus grande liberté étant donné la complexité du sujet. Je ne suis pas très fan des témoignages anonymes dans les documentaires où l’on filme seulement les mains par exemple. » Le format web-docu lui permettra de contourner cette difficulté. Puis elle avait aussi envie d’aller à la rencontre des Marocains du royaume et de faire un road-trip. « Certains interlocuteurs sont prêts à y participer. J’ai déjà en tête certains lieux et personnages mais je continue à travailler sur le sujet. Le départ aura sûrement lieu à Casablanca. C’est un peu un micro Maroc, une ville aux deux visages entre ses bidonvilles et son Morocco Mall. » Zineib passera de ville en ville et aller voir les villages les plus reculés. « Mon objectif n’est pas de tout planifier, j’espère qu’il restera une place pour l’aventure ! »

Faire participer les internautes à ce projet
Zineib a décidé de passer par la plateforme Kiss Kiss Bank Bank afin de financer ce projet à hauteur de 6000 euros. « La raison la plus simple c’est que je n’ai pas de fonds pour la réalisation, étant à peine sortie d’école. J’ai d’ailleurs été très agréablement surprise par la générosité des internautes. J’ai reçu des messages très encourageants. Et je leur en suis extrêmement reconnaissante. » La plateforme Kiss Kiss Bank Bank permet également de participer de façon très concrète à des projets créatifs, même avec 1 euro. « C’est l’occasion de les sensibiliser à la situation des mères célibataires et des « enfants du péché » au Maroc. » Ce web-documentaire, Zineib l’imagine comme une carte postale mais pas celle que les touristes peuvent voir. « Je vois une carte postale avec un effet aquarelle (comme sur l’image de présentation Kiss Kiss Bank Bank). Visuellement je souhaite qu’il soit très interactif et que l’on puisse choisir de suivre le parcours d’une mère célibataire ou celui d’un enfant. Il y aura aussi une grande part laissée à la photographie et au portrait essentiellement. »

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En savoir plus sur le projet ? Ci-dessous le message que Zineib laisse sur Kiss Kiss Bank Bank. 

« J’irai donc tout au long de ce web-documentaire à la rencontre de mères, parfois très jeunes, et d’enfants afin de comprendre leur parcours et leurs choix de vie. C’est un web-documentaire que je veux à l’image d’un roadtrip, voyager au travers tout le pays – des ruelles scabreuses casablancaises aux vallées de l’Atlas marocain en passant par les plaines du Souss (région du Sud, dans les environs d’Agadir). En ville ou en campagne, les situations sont diverses mais les causes sont les mêmes. Visuellement, le web-doc se constituera en 2 parties distinctes : un parcours de mères et un parcours d’enfants, qui parfois se croisent et se séparent. Libre à vous de commencer par l’un ou par l’autre. Un voyage interactif mêlant sons, vidéos, photos, et textes. Et pendant tout le voyage, vous pourrez me suivre sur mon compte Twitter ou Facebook où je posterai des photos régulièrement.La totalité des recettes obtenues grâce à Kiss Kiss Bank Bank servira à lancer le projet. Sans cela, impossible pour moi d’aller en tournage. J’ai donc besoin de vous pour développer ce web-documentaire et aller jusqu’au bout de ce projet, qui est à la fois personnel et professionnel. Je prévois un peu moins de 2 mois de tournage. »

Afin de soutenir ce projet, rendez vous sur la page dédiée sur Kiss Kiss Bank Bank

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