Sefrou : la délivrance au mausolée de Sidi Bousserghine

Parfois à l’écart, sur les hauteurs des villes, les mausolées de ceux appelés les « saints » sont monnaie courante au Maroc. Pratique culturelle très voire… trop ancrée dans la vie des marocains, la visite de ces « temples » rencontre encore un franc succès. Comme une tradition transmise de génération en génération qui touche les plus jeunes, comme les plus âgés.

Les gens se pressent donc dans ces lieux. A Sefrou par exemple, du côté de Sidi Bousserghine, ce sont des jours et des jours que certains décident de passer sur place. Comme d’autres se retireraient dans un monastère, eux viennent se recueillir durant des heures et des heures dans ce mausolée, amenant de quoi se restaurer, de quoi dormir au milieu de gens qu’ils ne connaissent même pas. Une petite salle de prière est aménagée. Aménagée pour vraiment prier Dieu tandis qu’à quelques mètres, ce sont des baisers qui sont déposés sur le tombeau de Sidi Bousserghine. Un drap recouvre le tombeau et certains passent la tête sous ce drap. Une urne est présente pour faire des dons. Des bougies sont allumées. Des tatoueuses de hénné vendent leurs services. Bref tout est fait pour créer comme une ville dans ce mausolée.

Des hommes et des femmes célibataires, malades, mais aussi en quête de leurs souhaits les plus précieux attendant un miracle se retrouvent en ce lieu. Dans un pays musulman, voir cette pratique encore d’actualité est un paradoxe. Il n’est pas habituel d’aller prier les saints en Islam. Pour exemple, à Médine, ceux et celles voulant faire de la visite devant la tombe du prophète un recueillement trop long se voit pressés de passer leur chemin. Pas d’adoration pour un Homme. Le seul à adorer est Dieu !

Lorsque l’on interroge les habitués du lieu sur la raison de leur présence et sur le fait de se contenter simplement de prier Dieu et de faire preuve de patience, ils donnent le sentiment que le saint viendra être leur avocat devant le tout puissant. Ils sont convaincus, grâce à des « miracles » racontés que leur délivrance réside à Sidi Bousserghine. L’espoir habite ici et dans tous les mausolées de saints au Maroc. Le tout allant à l’encontre de la religion…

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