Voyage impossible : de la Palestine à la Belgique

Au Terminal de Rafah

Il s’appelle Ismaël et est Palestinien, plus précisément de la Bande de Gaza. Pour le blog, il raconte le déroulement et surtout la préparation de son voyage afin de sortir de la Bande de Gaza sous blocus, pour se rendre en Belgique. Cela dans le but de poursuivre ses études. Voilà son témoignage.

« Quand on parle du voyage depuis Gaza, on parle d’un voyage douloureux et difficile. En effet, si les citoyens gazaouis veulent voyager, ils ont seulement deux choix. Le premier est de passer par le check-point israélien Erez qui se trouve dans le nord de la Bande de Gaza. Le second est de passer par la frontière égyptienne dans le sud. Mais le passage est difficile et nous n’avons pas d’autres solutions. Dans les deux cas, c’est le parcours du combattant. Nous sommes assiégés. La mer est face à nous et le feu est dans notre dos. Ceux qui réussissent à passer sont considérés comme méritant de voyager. Ce sont les Egyptiens et les Israéliens qui jugent cela.

Malheureusement, ma patrie est sous l’occupation la plus barbare et brutale. Une occupation qui veut démolir l’identité palestinienne et enterrer toutes les choses qui ont un rapport avec la Palestine, aussi bien des Hommes que des animaux. Cette occupation nous prive d’un aéroport, d’un port. De plus, nous ne pouvons même pas aller librement d’une ville palestinienne à une autre.

J’ai décroché mon diplôme en Littérature Anglaise et Française en Janvier 2014. J’ai rapidement commencé mes démarches pour étudier dans une université française ou belge. Je ne recevais que des refus, ce qui était difficile à accepter. Finalement en mars, j’ai été admis dans un établissement à Strasbourg pour un Master en Traduction. Puis j’ai aussi obtenu une bourse pour étudier en Belgique. Sur le moment, je me suis senti chanceux ! Je pensais que le plus dur était derrière moi et que la suite ne serait que du gâteau, « a piece of cake ». Cependant, obtenir un visa s’est avéré si difficile, un parcours semé d’embûches.

J’ai d’abord demandé un visa pour la France. J’ai reçu un refus. J’ai refait la même chose pour la Belgique auprès du consulat belge à Jérusalem. Pour faire mes démarches, j’avais besoin d’une lettre venant de l’université. Mais nous étions en pleine agression israélienne sur la Bande de Gaza. Impossible de recevoir ou d’envoyer des courriers. Tous les points de passage aux frontières étaient fermés. La Bande de Gaza était encore plus isolée. Je n’ai donc pas eu ma lettre et j’ai attendu que prenne fin la cinquantaine de jours de bombardements israéliens pour continuer mes démarches. J’etais déçu ! Deux semaines plus tard j’ai eu mon visa. Encore de nouveaux obstacles : comment voyager et sortir de la Bande de Gaza ?

J’habite à Rafah, côté palestinien donc j’ai fait le choix de passer par le Terminal de Rafah pour rejoindre l’Egypte. Au bout de quatorze jours j’ai réussi à franchir la frontière entre la Palestine et l’Egypte. Là, en Égypte, je me suis trouvé face à l’humiliation des Palestiniens. Quand ils voyagent depuis l’étranger vers le Caire, ils ne peuvent pas sortir de l’aéroport, comme peuvent le faire des gens d’autres nationalités.

Finalement, je suis arrivé en Belgique la première semaine d’octobre. J’avais déjà quinze jours de retard. Car l’année universitaire avait débuté le 15 septembre ! Et ce retard m’a causé encore des difficultés. »

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