L’Association EMNA, Nazik Mikali et le Trophée Roses des Sables

Samedi 15 septembre, il est 15h30 lorsque place est prise au Café du Temple. Dictaphone en marche. L’entrevue débute dans ce lieu que Nazik Mikali, présidente de l’Association Entraide Médicale Nord Africaine (EMNA), connaît si bien. Pour cause, elle a l’habitude de s’y réunir un dimanche par mois, de 15h à 17h, avec les membres de son équipe. « Nous consacrons deux heures, avec un ordre du jour. On se fixe un temps précis parce qu’on sait que chacun a des obligations. » A ce rendez-vous, elle n’est pas venue les mains vides puisqu’elle a aussi bien son laptop, afin de montrer le site web de l’association, que flyers et carte de visite. Et ce site web, Nazik y tient particulièrement. « C’est un excellent moyen afin de montrer photographies de nos actions et informations nouvelles. Je m’en occupe personnellement en le mettant à jour dés qu’il y a du nouveau. »  Mais avant toute chose, comment EMNA a donc vu le jour ?

Rencontre avec les orphelins de Ouazzane
Tout commence il y a six ans lorsque la mère de Nazik lui parle des enfants orphelins d’un établissement de Ouazzane dans le nord du Maroc, ville où toute la famille passe ses vacances chaque année, en étant originaire. La jeune fille de 24 ans, à l’époque, a envie d’aller voir ce qui s’y passe. Sa réaction est double. Dans un premier temps, vient le coup de foudre pour ses enfants, malheureusement sans parents mais souriants. Dans un second temps, s’impose le sens du verbe aider. « Je me souviens de l’état des matelas et du manque de matériel et de vêtements. » Nazik va donc retourner plusieurs fois dans cet orphelinat, promettant de revenir même si elle doit repartir en France entre temps . Et elle ne mentira pas. « J’ai entrainé ma famille et mon sentiment a été partagé. Mon père, ma mère, mes sœurs et cousines… ont aussi voulu aider. » A chaque fois que Nazik retourne au Maroc, elle a les bras chargés pour ces enfants orphelins. Sur place, avec des membres de sa famille, elle fait le tour des épiceries afin de négocier les prix avec les vendeurs. Le but ? Faire des achats pour l’orphelinat. C’est ainsi que petit à petit fleurit l’idée d’être dans un projet associatif. « Je me disais qu’avoir une structure, un vrai cadre pourrait nous permettre d’aider encore plus. »

Quand EMNA voit le jour…
D’abord, Nazik veut être bénévole et se cherche. « Je n’avais jamais été bénévole et je souhaitais m’investir. J’ai eu pas mal de contacts mais j’ai fait le choix de créer une entité nouvelle. » Sans jamais avoir mis les pieds dans le monde associatif, novice en la matière, Nazik, qui travaille dans l’import-export, n’a pas peur de toutes les étapes administratives que cela peut engendrer. Elle se lance, même si certains prétendent que seule elle ne peut pas y arriver. « J’ai simplement répondu vous verrez ! » Dans ce projet, sa famille est très présente tout comme ses amis. « Je leur ai demandé une chose, de ne pas me suivre parce que je suis proche d’eux mais parce qu’ils veulent vraiment aider et qu’ils croient en ces enfants qui sont l’avenir de demain. » Etant en Alsace, la création de l’association se passe différemment. Après six semaines d’attente, l’association a été créée. Ainsi, EMNA est officiellement née au cours du mois de novembre 2010. « Nous n’avons pas de locaux mais nous faisons en sorte de nous organiser au mieux avec les 48 membres de l’association. Il faut une bonne logistique puisqu’il y a trois équipes, une en Ile de France, une en Alsace et une en Rhône-Alpes. Il y a une secrétaire dans chaque équipe. Chacun est très autonome et se rend disponible afin d’aller récupérer des colis lorsque des donateurs se manifestent. Dernièrement, j’avais reçu un appel pour un don à Lyon. J’avais sollicité l’ensemble des bénévoles Rhône-Alpes jusqu’à recevoir l’information selon laquelle tout avait bien été récupéré.»

De la découverte du terrain aux partenariats en or !
« Tout est très réglementé au Maroc. On ne peut pas prendre les médicaments que l’on veut, les mettre dans un camion et les envoyer au Maroc. Non ! Nous devons avoir des partenaires donc des associations déclarées et en règle sur place. » Aujourd’hui, EMNA a quatre partenaires au Maroc. Il y a bien évidemment l’orphelinat Dar El Atef à Ouazzane, l’Association Issafarne à Casablanca (le partenaire principal composé de médecins bénévoles qui organisent des caravanes médicales gratuites dans tout le Maroc), l’Hôpital El Ghassani et l’Orphelinat Al Amal à Fez et enfin la Ligue Marocaine pour la Protection de l’enfance (LMPE) à Marrakech. « Le monde associatif est très développé au Maroc. Un site web répertorie les associations déclarées (www.marocbenevolat.org). Donc c’est en faisant des recherches sur ce site que j’ai trouvé l’association Issafarne. » Pour l’implication à Fez, c’est une personne de l’association Issafarne qui leur présente la situation de l’hôpital et de l’orphelinat. Puis à Marrakech, c’est une toute autre histoire. « Je suis entrée en contact avec la manageuse du chanteur Tahour, très célèbre dans la musique chaabi marocaine. J’ai par la suite discuté avec le fils de Tahour et son père a accepté de devenir notre parrain. Il a d’abord voulu connaître et comprendre notre association, la cause que nous défendions, à savoir apporter notre aide aux orphelins, aux personnes handicapées et aux personnes âgées abandonnées. » Mais tout ne se résume pas qu’au Maroc puisque, dernièrement, un partenariat a été fait en Algérie avec une association d’étudiants en médecine, l’association Ibn Sina dans la ville de Skikda. Petit à petit, EMNA s’installe dans le Maghreb. « Nous ciblons aussi la Tunisie mais pour l’instant nous n’avons pas encore trouvé le bon partenaire. Nous restons bien évidemment ouverts à toute proposition sérieuse ! »

Les convois
« Tout doit être déclaré : lait, couches, biberons, matériel médical, vêtements, médicaments…mais également les jouets. Les autorités marocaines doivent tout savoir avant l’arrivée du chargement, aussi bien au sujet de l’association donatrice, qu’au sujet de l’association qui reçoit sur place. Une liste précise est définie et validée par le Ministère de la Santé au Maroc, la plaque d’immatriculation du véhicule est aussi connue. Tout est fait en parfaite transparence. »

Pour l’Algérie, Nazik était passée par La Poste afin de faire des envois de matériel. « Je n’ai pas pu faire parvenir l’ensemble des dons car on m’a présenté une liste définissant les produits interdits comme les tétines, les biberons, bien que neufs… Le tout a mis un mois et demi à arriver sur place, à l’association Ibn Sina. » C’est pourquoi, pour l’Algérie, l’association privilégie les achats sur place. Cela permet de favoriser l’économie locale. Si des convois précis ont lieu, EMNA expédie également de la marchandise de façon ponctuelle, selon les besoins, les urgences et le matériel disponible. « Mon père est fréquemment au Maroc, donc il est mon référent. Il est d’ailleurs le vice-président de l’association. » Nazik ne s’en cache pas, EMNA fait avec les moyens du bord à l’instant T. « Mais lorsque nous nous engageons, nous veillons à respecter cet engagement. Il nous arrive d’investir nous-mêmes financièrement. Nous avons des dons qui sont irréguliers mais les gens sont tout de même sensibles. Nous avions fait une première soirée à Mulhouse en avril 2011, dans une ambiance très orientale. Plus de quatre-vingt personnes avaient répondu à l’appel en achetant leurs places en prévente pour nous soutenir et passer un agréable moment. Afin de collecter des fonds, nous déposons également des tirelires customisées « EMNA » dans les commerces : épiceries, boulangeries, boucheries… Malheureusement, EMNA ne peut pas prétendre à des subventions puisque nous agissons à l’étranger. »

Le Trophée Roses des Sables
Après le Maroc et l’Algérie, EMNA s’en va ailleurs, en Mauritanie, grâce au Trophée Roses des Sables. L’un des bénévoles, qui a habité au Québec par le passé, a expliqué à Nazik que Maryse et Manon allaient participer au Trophée Roses des Sables qui a lieu en octobre 2012 (site web de l’équipage : www.desertsangels.trophee-roses-des-sables.org). « Nous sommes commanditaire or. Leur 4×4 aura notre logo sur la carrosserie en plus des commanditaires argent et bronze. Nous remettrons donc nos dons à Maryse et Manon qui doivent passer par Lyon afin de les récupérer. Nous avons convenu de nous voir à leur retour afin de partager ce moment tous ensemble. » EMNA s’embarque donc pour ce Trophée Roses des Sables rassemblant 4×4, buggys, quads et motos. De nouvelles aventures !

Avant que le dictaphone ne soit stoppé, Nazik explique que si le futur devait voir EMNA disparaître, faute de moyens, elle reviendrait à ses premiers amours. Ces instants où même sans structure, elle visitait ces orphelins aux sourires qui ne peuvent pas s’oublier. Très loyale, dynamique, motivée, déterminée et pleine d’espoir comme le logo et le nom de son association, ainsi est Nazik Mikali, à la tête d’EMNA !

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Envie d’en savoir plus sur l’association Entraide Médicale Nord Africaine, un seul site  http://www.association-emna.com

 Un grand merci à Nazik Mikali pour sa disponibilité !

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