Petit écolier sur la route

Plume d'Amour

Cette femme se souvient que ses parents lui disaient sans cesse qu’il fallait bien travailler à l’école. Etre assidue et étudier. Etre sage et se concentrer. Son enfance, son adolescence et ses premières années dans le monde des adultes durant ses études supérieures ont été rythmées par ce refrain qui, à son oreille, sonnait si bien. Cela lui avait effectivement donné l’envie d’être studieuse et appliquée. Se cultiver, apprendre, découvrir, lire, écrire sont des verbes qu’elle aimait et qu’elle aime encore ! Parfois elle se dit qu’elle aurait été une autre sans avoir écouté ces conseils bien avisés. D’ailleurs le chemin entre le savoir et le domicile familial ou la résidence universitaire n’était jamais bien long. Marcher une vingtaine de minutes à peine voire un peu moins. Toutes les cartes en main pour réussir…

Doux souvenirs qui revenaient en tête en ce mois de mai 2013 tandis qu’elle se trouvait avec ses parents, dans une voiture au Maroc. Il suffit d’un rien pour que des instants du passé s’invitent au présent. En réalité, il lui a suffi de croiser la route d’élèves arborant des blouses blanches et des cartables sur le dos. Des écoliers, des collégiens, des lycéens… Certains aux vêtements propres, si beaux, si soignés. D’autres aux chaussures abîmées…

Et puis, il y avait cet enfant. Revenant de l’école en fin de journée. Il s’attaquait à une montée sur cette chaussée prenant toute la place, sans laisser de trottoir. Le soleil n’était pas encore prêt à se coucher. Elle et ses parents avaient pris ce garçon en voiture pour reposer ses jambes… Il s’était mis alors à raconter qu’il devait parfois rentrer à pieds lorsqu’il ne trouvait pas de transport pour revenir chez lui. Cela faisait bien plus d’une heure qu’il marchait. Et la maison familiale était bien loin de la ville. Il comptait sur les taxis, les mini-bus venant de Sefrou ou remontant de Ahermoumou. Il avait le sourire et riait. Tout en évoquant ses cours de la journée. « Et que voudras-tu faire comme métier plus tard ? ». A cette question, il avait répondu « je ne sais pas encore. On verra bien ! ». Sans se plaindre d’être fatigué. Tandis qu’il marchait depuis bien longtemps déjà !

Alors lorsqu’il était descendu de voiture, elle avait pris conscience de l’importance d’apprendre. Même si les moyens pour courir au savoir peuvent manquer. Se disant que le lendemain, seul Dieu pouvait savoir comment le jeune garçon se rendrait à l’école !

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