04/02/2013 – L’éducation avec la méthode Montessori

Des structures utilisent de plus en plus la méthode Montessori. Des particuliers qui font l’école à la maison s’y mettent aussi. Comme Selma qui en est adepte et qui a même ouvert une classe à Casablanca, où elle vit.

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Matériel de Selma pour sa classe

En 2007, lorsque Selma est enceinte de son premier fils et qu’elle vit encore en France, elle souhaite choisir l’Instruction En Famille (IEF) pour son futur enfant. A partir de là, elle commence à se renseigner sur les forums, tout particulièrement ceux qui regroupent les mamans faisant l’école à domicile. « Ces montagnes de fiches et de paperasse à remplir me donnaient le vertige. C’était plutôt décourageant étant donné ma propre expérience du système éducatif français. » Néanmoins, en creusant sur ces forums, elle tombe sur des parties intitulées « Montessori ». Prise de curiosité, elle s’y intéresse et elle n’est pas du tout déçue. « C’est vrai qu’au départ la mise en pratique ne me paraissait pas claire. Par contre, dans la théorie, j’adhérais complétement. »

Que dit la théorie ?
« L’idée globale du Docteur Maria Montessori, après des années d’observation sur les enfants, est de constater que dès sa naissance, le bébé apprend seul à parler, à prendre dans ses mains, à marcher… Il imite les individus qui l’entourent. Il sait donc, de lui-même, quand il est prêt à acquérir telle ou telle notion ou pratique. » L’enfant prend seul cette décision. Autre observation : au cours de la petite enfance, tout passe par le toucher et les sens, les bébés doivent manipuler et mettre à la bouche chaque nouvel objet que l’on leur propose.

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Matériel de Selma pour sa classe

Maria Montessori décide donc de créer un matériel adapté à l’enfant et qui lui permet de comprendre des concepts abstraits comme la numération, l’alphabet, les volumes, les opérations mathématiques…, le tout de manière concrète et sensorielle. « C’est la facilité que possède l’enfant à mémoriser ses expériences qui est utilisée. Maria Montessori compare les jeunes enfants de moins de 7 ans à des éponges. Ils ont des esprits absorbants qui s’imprègnent immédiatement des expériences vécues quand elles arrivent au moment opportun. »

La seconde idée de cette méthode est de dire que, puisque l’enfant est à même de juger à quel moment il est prêt à aborder telle ou telle connaissance, alors aucun programme ne lui sera imposé. Sa progression se fera simplement à son rythme. « L’évolution se fait selon ses « périodes sensibles ». Certains enfants voudront apprendre les lettres à 3 ans et d’autres à 7 ans seulement. L’éducateur doit donc observer la période propice au cours de laquelle il doit proposer à l’enfant le matériel qui répondra à son besoin du moment. Puis c’est à l’enfant d’en disposer tant qu’il le veut. » Avec un système comme celui-ci, les classes sont multi-niveaux. Une dynamique de groupe est créée puisque les plus jeunes veulent généralement faire comme les plus grands. « Il y a donc la classe 3-6 ans, 6-9 ans, 9-12 ans. Et on ne parle pas de maître ou de professeur mais bien d’éducateur. »

Matériel créé par Selma pour sa classe

Matériel de Selma pour sa classe

Point important, chaque classe ne dispose que d’un seul matériel pour chaque notion. « Faire ainsi permet de transmettre la patience et le respect d’autrui à chaque élève. Ce matériel doit être à portée de main des enfants, sur des étagères accessibles. D’ailleurs tout le mobilier est fait pour être adapté à leur taille, à leur force. Petits lavabos, petits sanitaires, petites chaises… » Cette méthode, comparée au système éducatif « ordinaire », permet à chacun de suivre ses aptitudes personnelles. « Chaque individu est unique et la méthode Montessori donne le choix à l’enfant d’être ce qu’il souhaite être. On ne parque pas les 3 ans avec les 3 ans, en les voulant immobiles devant un tableau pour apprendre « bêtement » des pictographes sur un tableau noir. A cet âge-là, on doit suivre leurs besoins naturels de mouvement, de déplacement, d’éveil des sens. » Les enfants sont autonomes et responsables. Ils sont curieux de découvrir le monde non pas parce que cela leur est imposé mais parce qu’ils sont heureux d’apprendre et qu’ils le souhaitent au plus profond d’eux.

Selma et la pratique
« A présent installée au Maroc, j’ai débuté naturellement avec mon fils. Au début, étant seule, c’était difficile de se motiver tous les jours. Alors j’ai rapidement pris sous mon aile les enfants de mes amies afin de créer une dynamique de groupe. Une chose en entrainant une autre, je suis à la tête d’une classe de douze enfants de 4 à 9 ans. Malgré le manque d’espace suffisant pour créer deux classes, j’ai gardé en tête une parole du prophète Mohammed (paix et bénédiction sur lui), « le meilleur des croyants est celui qui veut pour son frère ce qu’il veut pour lui-même ». Donc l’enseignement que je souhaite pour mon fils, je le veux aussi pour les enfants des autres. Je continue malgré le fait d’être limitée. » D’ailleurs, Selma a décidé de former des mères de famille mais aussi des enseignantes désireuses d’utiliser la méthode Montessori. « Au Maroc, c’est encore très peu connu. C’est vrai qu’il y a quelques écoles Montessori mais elles sont réservées à l’élite marocaine ou aux expatriés. Les frais de scolarité sont de 600€ par mois. » Le matériel utilisé est aussi inaccessible puisque disponible essentiellement aux Etats-Unis et en Europe. Mais là encore Selma veut palier à ce manque. « Former c’est bien mais il faut aussi que les produits utiles à cette méthode soient disponibles. Donc je suis en train de préparer une gamme d’outils à très bas prix, ce qui reste cohérent avec le niveau de vie local et le budget des Marocains. »

Matériel créé par Selma pour sa classe

Matériel de Selma pour sa classe

Les résultats sont surprenants, la plupart des élèves de Selma commencent à lire vers 4 ans et demi, de façon détendue et amusante. « On me demande souvent mon avis concernant des enfants en difficulté dans le système scolaire ordinaire. Ce sont des problèmes que ne rencontrent pas mes propres élèves, et cela me conforte chaque jour un peu plus dans mon choix, puisse Dieu être loué. » De plus, Selma ajoute un élément important. « J’en profite pour préciser que bien que Maria Montessori soit catholique et qu’une part de sa croyance est présente dans sa méthode, rien n’empêche les différentes communautés d’utiliser son matériel et de faire l’impasse sur les théories que les uns et les autres peuvent considérer comme « erronées ». A chacun de modifier la présentation, notamment pour l’Histoire de l’Homme, selon ses croyances. Et bien sûr à l’éducateur alors de faire la part des choses. »

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