14/11/2011 – Si j’aurais su, j’aurais pas venu


Ayé, la langue française ne sera plus jamais la même. Plus jamais la même au point de pouvoir utiliser la réplique du P’tit Gibus ? Dans la Guerre des Boutons, il s’exclamait, en plus du « tiens voilà du boudin », « si j’aurais su, j’aurais pas venu… ». Si tu avais su P’tit Gibus que ta concordance des temps pouvait un jour être utilisée dans la langue de Molière, p’t’ête bien que tu aurais été content d’être là. Tout doux pourtant puisque nous n’y sommes pas encore. La réplique cinématographique est toujours aujourd’hui une faute, bien qu’utilisée par de nombreuses personnes qui ne se rendent pas compte de l’erreur. On en retrouve un peu partout sur les copies des élèves, dans la bouche des adultes voire même des hommes politiques. Ces derniers qui se doivent d’avoir le sens de la rhétorique et du discours devraient donner l’exemple !

Application
Tandis qu’à l’école une attention très importante est portée à l’orthographe surtout pour les substantifs à la syntaxe particulière, en 2011 sont mises en avant des règles datant de 1990. Doit-on parler d’un retour en arrière ou alors de nouvelles règles d’aujourd’hui ? Et pourquoi n’avoir attendu qu’aujourd’hui afin de les mettre en exergue ? Pour la simple raison que les manuels scolaires ne les prenaient pas en compte, alors la faute aux éditeurs. Drôle de méthode si les professeurs doivent de leur côté appliquer ces règles. On peut aussi se demander si ces règles sont appliquées par les autres, ceux qui ne sont pas des élèves, les adultes par exemple par le biais de la presse entre autre. C’est peut être parce que la société n’utilise pas ces points que les éditeurs ne sont pas tous à la page. Une question se pose pourtant : que fait le Ministère de l’Education Nationale ? Il faudrait qu’une autorité « supérieure » s’occupe de faire appliquer les règles comme les lois. Reste que le non-respect des lois a beaucoup plus d’impact.

Qu’est ce qui change ? 
Avec ces changements, ce sont toutes les habitudes à effacer. On s’attaque d’abord au numérique avec des traits d’union entre quatre-cents, cinquante-et-un. Des portes-manteaux ne prennent le pluriel qu’aux manteaux donc juste sur la deuxième partie.  Même les accents en prennent pour leurs grades puisque l’accent aigu est remplacé par le grave dans certains mots. Une conjugaison au futur et au conditionnel ? L’accent change aussi. Vous cherchiez les accents circonflexes ? Ils n’existent plus à présent sauf pour la conjugaison. Donc terminés les maîtresses, coûts… Si on aime particulièrement utiliser les mots étrangers à la langue française, leurs pluriels suivent les règles françaises. Puis, on n’écrit plus contre-temps mais contretemps. Le tréma pourrait changer de place dans certains mots. Enfin, des s à la fin de mots au singulier tout comme des doubles consonnes devraient disparaître. D’autres règles encore devront s’appliquer, qui n’ont d’ailleurs nullement été utilisées dans cet édito assurément.

Pe etre ke bientot le françois s’écrira otrement ! Mais nénuphar en nénufar ça sonne chelou et ça fait un peu sms ! Pour l’instant le film Polisse s’appelle Polisse et non Police…

Une réflexion sur “14/11/2011 – Si j’aurais su, j’aurais pas venu

  1. Je crois que les changements qui surviennent dans la pratique de la langue française,et tout particulièrement dans son expression écrite, sont la traduction de ceux qui sont survenus aux niveau des mentalités des français depuis un bon moment déjà.
    Pas besoin d’être très observateur pour constater par exemple que les goûts de l’effort (gratuit j’entends !!!) et de la beauté du geste ont quasi disparus. Tout acte doit rapporter sinon c’est l’acte d’un insensé ou d’un con (tiens parenthèse, hier j’ai eu un choc en entendant un enfant de primaire répondre « c’est être un peu con » à la question « qu’est-ce qu’être gentil ? »).
    Or « bien écrire » constitue un effort gratuit dans le sens où on comprendra tout aussi bien (l’habitude aidant peut-être même mieux) celui qui aura seulement écrit ce qui va permettre de véhiculer l’idée de ce qu’il veut dire, que ce soit mal ortographié ou totalement incorrect grammaticalement parlant.
    Pourquoi donc s’embêter et surtout perdre du temps dans ces conditions ?
    Et puis… qu’est-ce qu’on en a à faire que l’autre perdu du temps à essayer de comprendre ? après tout « tout le monde le fait » et puis « on s’en fout des autres », « on n’est pas là pour faire de la philo » !
    Personnellement j’ai la conviction que la langue est un vecteur d’unité, le signe d’un respect qu’on marque à l’autre, un moyen d’expression auquel il faut préserver sa puissance (comment échanger, débattre, créer, sans mots ? sans temps ? sans définitions ?), une source de plaisir (par exple, celui qui ne sait pas orthographier « dédicace » n’appréciera pas l’ironie de « dédicasse ») et je vois avec tristesse qu’on la taxe de snobisme et qu’on ne la défend pas.
    Mais en même temps, je suis assez fataliste et je me dis que ma vision est due à mon éducation, à ma personnalité, et que je n’ai pas forcément raison, et que tant bien même ! si c’est la volonté du plus grand nombre, éh ben tant pis ! on écrira « leu nénufar é bo ».
    Pour moi, comme pour bien d’autres sujets, c’est un gâchis et c’est ça qui fait mal; alors comme en ce moment mon niveau de souffrance atteint son paroxysme, je renonce et au fond je m’en tape qu’on écrive nénufar ou nénuphar. Il adviendra ce qui doit advenir… et de ce qui me paraît aujourd’hui être une catastrophe jaillira peut-être au final quelque chose de très beau ? 🙂

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