29/10/2012 – Le combat de Farida Aarrass : libérer son frère Ali !

Il y a un combat pour la liberté d’un homme qu’une femme mène de plein front en Belgique. Farida Aarrass, cette femme de courage, se bat pour que son frère Ali, citoyen belgo-marocain, puisse retrouver sa liberté. Une liberté volée en 2006, lors de sa première arrestation en Espagne. Accusé d’être impliqué dans l’affaire Belliraj (citoyen maroco-belge désigné comme cerveau d’un réseau islamiste terroriste par les autorités judiciaires marocaines), le frère de Farida est donc derrière les barreaux tandis qu’elle tente par tous les moyens de faire vivre sa cause. Elle veut le voir enfin loin de ses geôles marocaines.

« Nour…»
La vie d’Ali débute en Espagne, en 1962, à Melilla. Son enfance, son adolescence, se passent dans cette enclave espagnole du nord du Maroc. En 1977, il s’en va en Belgique. Il y apprend la langue, passe par des emplois pénibles. Jusqu’au jour où il ouvre sa librairie-papeterie. Farida se souvient. « Il avait rencontré beaucoup de difficultés sur le marché du travail. Il en avait assez des insultes à son égard, du racisme ambiant. Il a donc décidé de s’installer à son compte. « Nour » est le nom qu’il a choisi pour cette librairie. » Soit la « Lumière ». Ali est comme tous les autres hommes. Il bâtit sa famille. Il se marie, obtient la nationalité belge. Il effectue également son service militaire.

Le sens du partage…
La religion ? Ali la découvre avant son mariage. Ce n’est que plus tard qu’il se rend régulièrement dans une mosquée à proximité de son domicile. En 2005, il retourne vivre en Espagne, à Melilla, avec sa femme. « Il aimait cette ville, son climat, son ambiance. » Il y ouvre une cafétéria qu’il doit fermer par la suite. Puis, il se met à travailler comme chauffeur de camion, un poste qu’occupait son frère auparavant. Ce dernier, atteint de diabète, ne peut plus exercer d’activité professionnelle, il est devenu aveugle. Ali partage son salaire avec lui. C’est ainsi jusqu’à ce jour où il est arrêté pour la première fois.

Que lui reproche-t-on ?
D’avoir été membre du Mouvement des Moudjahidines du Maroc à une époque. Le 3 novembre 2006, Ali est arrêté à Melilla. Il est libéré mais arrêté une seconde fois et emprisonné le 1er avril 2008. Puis Baltazar Garzon, juge antiterroriste très célèbre en Espagne, prononce un non lieu en 2009. Le 14 décembre 2010, Ali est extradé vers le Maroc. Là, il sera condamné à 15 ans de prison par le Tribunal de Salé. En 2012, un autre procès a lieu et il est condamné à 12 ans de prison en appel. Aux yeux de Farida, le plus dur à supporter dans cette si lourde et malheureuse expérience est le sentiment d’impuissance. Le fait de ne pas pouvoir aller au-delà de ce que elle et ses amis sont réduits à faire comme démarches. « Mes sentiments sont entremêlés d’inquiétude pour mon frère et de dégoût face à tant d’injustice. C’est, je dois admettre, assez usant de devoir se battre sans relâche, face à toutes ces discriminations. » Elle est fatiguée et pourtant elle ne se donne pas le droit de lâcher prise ou d’abandonner ce combat. « Mon frère est innocent et je me battrai jusqu’à ce qu’on le libère ! Et même si je devais continuer à le crier jusqu’à en perdre la voix, je n’hésiterai pas à le faire ! »

Farida : jamais sans son frère !
Ali est la prunelle de ses yeux. « Il s’est toujours occupé de ma mère, ma sœur et de moi comme si nous étions ses enfants. Sans jamais se fatiguer. Il a toujours été là, pour nous, mais aussi pour des tas d’autres personnes qui aujourd’hui reconnaissent qu’Ali est d’une grande générosité. » Nombreux ont été ceux à pouvoir compter sur son aide. Parce qu’il est un homme au grand cœur et jamais il n’aurait fait de mal à d’autres. Ali et Farida ont grandi ensemble, dans une complicité si grande que jamais ils n’ont eu de secret l’un pour l’autre. « Je ne lâcherai rien. Dans une telle situation, nous nous retrouvons confrontés à deux possibilités, soit abandonner soit continuer à nous battre. J’ai choisi sans aucune hésitation la deuxième ! Pour Ali mais aussi pour tous les discriminés, je continuerai à le faire sans relâche. »

Farida Aarrass appelle à l’aide et demande à chacun d’écrire à son frère afin de lui prouver que personne ne l’oublie. Pour cela une seule adresse : ALI AARRASS – PRISON DE SALE II – VILLE DE SALE – MAROC

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Afin de mieux comprendre l’affaire ALI AARRASS, un site web : www.freeali.eu

Mais aussi, un ouvrage :

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