12/05/2014 : Maroc : Moulay Hicham El Alaoui lave son linge royal en public !

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En couverture, le visuel d’un prince banni des photographies de la royauté mais non privé de territoire marocain. Les lignes de Moulay Hicham El Alaoui, cousin germain du roi Mohammed VI, viennent critiquer le pouvoir à la tête du Maroc. Son ouvrage Journal d’un Prince Banni aux éditions Grasset apparaît aux yeux de certains comme un règlement de compte familial sur la place publique et pour d’autres comme la simple réalité écrite avec l’aide d’un… nègre. Plus en odeur de sainteté auprès de la famille royale, n’ayant plus place dans les événements officiels, représentant l’homme qui sait dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas, il est celui qui au moindre faux pas valant le chaos au Maroc serait prêt à revenir au galop.

Mohammed V, Hassan II, Mohammed VI…
Dés les premières pages, Moulay Hicham dresse le tableau, son ouvrage est le récit de sa vie, de son enfance jusqu’à aujourd’hui. Il nous fait entrer dans l’intimité d’une famille avec des hauts et des bas, finalement comme toutes les autres familles. Un père, Moulay Abdellah, alcoolique, avec une « propension à l’infidélité conjugale ». Une mère d’origine libanaise qui a failli divorcer de son époux à plusieurs reprises. Un Hassan II nullement affectueux avec les siens et qui doit faire avec les coups d’état contre sa personne. Un monarque se voyant souvent comparé à son père Mohammed V, supposant presque un manque de confiance. Un roi qui a de mauvais rapports avec son fils aîné, encore Sidna Mohammed. Quant aux rapports de Moulay Hicham avec Sidna Mohammed justement, ils sont très fusionnels avant qu’il ne devienne Mohammed VI. En effet, les rapports viendront se détériorer avec le temps à cause du « venin du pouvoir que Hassan II a instillé ». Il y a aussi le manque du soutien qu’il ressent de la part de son frère Moulay Ismaïl, sa soeur Lalla Zeineb et sa mère. En 1999, Moulay Hicham est véritablement mis de côté même si cela a commencé il y a quelques années avec Hassan II. Ce dernier décédé, il conseillera au nouveau roi en place une réforme totale de la monarchie, chose à laquelle le roi n’adhérera pas, renvoyant Moulay Hicham à ses affaires.

Un prince qui dérange
Il est celui qui « chantait avant la musique » comme il le dit sur Europe 1. D’après lui, un prince doit se taire et lui a décidé de parler. Il n’y a pas de violence dans sa manière de raconter mais une certaine nostalgie. Dans les dernières pages, on sent le prince affecté par le fait d’être loin de sa famille, si ce n’est par la distance, dans la communication et la présence. Ses filles sont accueillies à bras ouverts par ses proches mais pas lui. Il est tel un paria de la cour mais aussi le paria d’un peuple qui aime son roi dans sa majorité. Pour le mariage de son frère Moulay Ismaël, très proche de Mohammed VI, il ne sera pas sur l’une des photos officielles. Si dans certaines parties de son ouvrage, il laisse entrevoir qu’il compte faire son auto-critique, se blâmant lui-même d’avoir créé des tensions par son comportement de prince rebelle, il mène bien souvent à la victimisation. Pourtant, sa propre personne a contribué à sa descente vers les bas fonds. « Moi, je » est une litanie perpétuelle. C’est un homme ambitieux, presque aux mille et un projets au Maroc. Un prince mettant en avant son rôle « important » dans les relations entre les pays du Proche et Moyen Orient, venant court-circuiter Hassan II de son temps.

Des mensonges écrits noir sur blanc ?
En décidant d’ouvrir les portes du palais afin de raconter ce qu’il s’y passait et ce qu’il s’y passe encore aujourd’hui, Moulay Hicham prend des risques évidents : celui d’être vivement critiqué, comme pour tous les ouvrages, mais aussi celui de voir ses révélations analysées sous toutes les coutures. Ce livre aurait pu être une réussite cependant le parti pris de Moulay Hicham, sa subjectivité, cette réputation de « calife à la place du calife » viennent noircir le tableau. On ne peut pas, on ne doit pas prendre cet ouvrage comme argent comptant, il faut véritablement chercher le vrai du faux, la simple vérité de l’exagération… Lorsque Moulay Hicham parle de ses rapports avec le roi Hassan, tantôt il le critique tantôt il s’accorde à dire que tout cela est dû à la pression de la monarchie, lui trouvant des excuses. Sur le site yabiladi.com, on apprend par exemple que Moulay Hicham n’avait pas le niveau afin de s’asseoir sur les bancs du Collège Royal et que son inscription dans une autre école n’était qu’un « blanc B ». Pourquoi mentir sur un épisode comme celui-ci ?

A la fin…
Moulay Hicham souhaite la fin du système du makhzen au Maroc, un système qu’il a bien connu dans sa jeunesse, pour y avoir participé avec un « trafic » de voitures, de billets d’avion… de sable, de bons d’essence, de parties de chasses royales contre de l’argent versé sur un compte à l’étranger ! Ce qui est évident c’est que d’autres plumes viendront derrière lui afin de répéter la même chose au sujet de ce même makhzen, au sujet de ce même Maroc à changer, de cette monarchie à moderniser. Si le makhzen venait à être effacé, par quoi serait-il remplacé ? Il est beau de vouloir révolutionner les choses, de changer le système, mais si le chaos doit être la suite alors le makhzen a encore une longue vie devant lui et l’homme dit le « prince rouge », prêt à venir à la rescousse, restera encore bien loin du palais.

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