Mardi 20 novembre 2012 : Dernières nouvelles de Gaza grâce à Amir Hassan

Banque Nationale Islamique
Mardi 20 novembre : Dernières nouvelles de Gaza grâce à Amir Hassan

Mardi 20 novembre. 18h à Paris. 19h à Gaza. Nouvelle journée de massacre qui touche presque à sa fin dans la Bande de Gaza. Amir est toujours disponible. Il est l’une des voix de la Palestine. Nous faisons le bilan de cette dernière nuit et des évènements qui ont eu lieu depuis ce matin. « Nous avons eu l’électricité aujourd’hui à 15h donc je n’ai pas pu suivre précisément tout ce qui s’est passé. Là je vois que le nombre de martyrs augmente encore. Il y a 129 morts et 1050 blessés. » Aujourd’hui le Chef de la Ligue Arabe et les Ministres Arabes des Affaires Etrangères sont venus à Gaza et à l’hôpital Al-Shiffa. « Ils sont passés dans ma rue et près d’une heure plus tard, il y a eu une explosion. Un F16 venait de toucher une voiture en bas de chez moi. Les deux personnes à l’intérieur étaient des journalistes d’Al Aqsa. On les a vu brûler dans leur voiture ! » Israël s’en est aussi pris aux médias palestiniens en piratant les chaînes Al Aqsa et Al Quds. « Ils ont mis une horloge qui tournait avec un message qui s’adressait au Hamas : « votre temps est fini. » Après, les chaînes ont recommencé à fonctionner. »

Vers 16h, des avions ont lancé des tracts afin d’appeler les habitants des quartiers est, ouest, nord et sud de Gaza à rejoindre le centre ville. « Les Israéliens ont même indiqué les rues à emprunter en disant qu’une fois l’opération finie,  les habitants pourraient retourner chez eux. Gaza est très peuplé. Où vont pouvoir aller toutes ces personnes ? » Amir et sa famille sont restés. Il faut savoir que près de la majorité des Gazaouis est restée chez elle. « Ceux qui ont décidé de partir ont été dans les écoles des Nations Unies. » Dans sa rue, Amir voit encore la carcasse de la voiture calcinée. Il me donne les informations qu’il entend dans les médias. A 20h, heure française donc 21h à Gaza, une conférence doit avoir lieu afin d’annoncer une trêve. Cette trêve sera appliquée à partir de minuit. « Les Israéliens ont encore le temps de tuer du monde. Ils ont bombardé Deir Al Balah juste à l’instant. » Les parents palestiniens s’inquiètent pour leurs enfants, ils ont peur de les perdre tandis que les bombardements ont touché beaucoup d’entre eux jusqu’à présent.

« Cette journée est tellement meurtrière. En l’espace de trente minutes à peine, il y a eu 14 martyrs. Les images sont horribles. Il n’y a pas de sécurité. » Amir me dit que ce n’est pas à Israël de décider si ils doivent quitter leurs maisons. Les médias palestiniens précisent que l’état hébreu joue à un jeu « sale ». Amir revient sur ce bombardement qui a eu lieu à Deir Al Balah. « Il y a deux martyrs là bas. Et là les médias confirment la trêve. Tous les ministères ont été touchés, les bâtiments gouvernementaux, le Stade de Palestine, la Police… Il n’y a plus rien à viser. L’aide qu’on a reçue du Qatar ne nous permettra pas de tout reconstruire. Et ce sera dur quand à la fin de tout ça on retournera dans la rue, quand on pourra sortir. On verra les choses en face. » Sa vision sera celle d’une ville détruite et qui aura besoin de beaucoup de temps pour être reconstruite. Il faudra des milliards de dollars. « Les bateaux israéliens visent à présent Bureij à côté de la plage. Le quartier de Chejaya a aussi des martryrs de la même famille apparemment. »

« En demandant aux gens de partir de chez eux, Israël va les massacrer. Il veut vider les quartiers populaires et très peuplés qu’il considère comme dangereux car abritant la résistance. » Tandis qu’hier il leur demandait de rester chez eux. Il s’en prend aux citoyens et veut contrôler les rues de la ville. « Lorsqu’un char rentre dans une ville, il tire sur tout de façon arbitraire. C’est une technique afin de se « défendre », comme en 2008. » Amir me précise qu’il a oublié de me parler du bombardement de la Banque Nationale Islamique à Gaza. Puis une information à la télévision lui fait comprendre qu’un autre journaliste semble avoir été touché. Je questionne à nouveau Amir sur ces familles qui sont parties. « Ils ont utilisé des camions. Ils ont pris des matelas, des bouteilles de gaz, de la nourriture. Les écoles ne sont pas très loin de chez moi mais si la voiture a explosé juste dans ma rue, c’est bien que même ces écoles ne seront pas en sécurité. » Puis il me raconte cette famille qui a perdu un fils en 2008 durant l’opération Plomb Durci. La mère de famille avait été maman à nouveau et avait donné le prénom de son défunt fils au nouveau-né. « Cette famille a encore été touchée. La mère est morte avec ses enfants. » Amir souhaite que cette trêve ait lieu sinon la situation deviendra de plus en plus catastrophique.

« Les chars tirent sur les maisons depuis les frontières même sans être rentrés dans la Bande de Gaza. Attends, à la télévision ils parlent des fusées éclairantes tirées par Israël dans les quartiers est. C’est pour mieux voir les rues et espionner la population… »

« Gaza l’Espoir »

Par Siham TOUIL

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