Saida Akherraze, une footballeuse française en Norvège

En route pour la Norvège

Le blog avait déjà croisé le chemin de Saida Akherraze. Aujourd’hui, bien loin de la France, la joueuse de football aborde son exil norvégien.

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A l’Encre de ma Plume : Tu es donc Saida Akherraze, footballeuse professionnelle qui vient de signer avec le club norvégien de Amazon Grimstad FK… Pas trop dépaysée ?
Saida Akherraze : Depaysée ? Ah oui, ça on peut le dire ! Quand je suis descendue de l’avion, à mon arrivée en Norvège, j’ai vu d’abord la neige. Le membre du club qui m’attendait à Oslo pour ma dernière escale avant d’arriver à Kristiansland m’a expliqué que Grimstad, la ville où je joue désormais, connaissait de fortes chutes de neige. Cependant, je n’imaginais pas cela comme ça. En tout cas, en sortant de l’avion, j’ai eu froid comme jamais. J’ai fait beaucoup de pays du nord de l’Europe, en sélection française ou en Ligue des Champions avec l’OL. Je reste cependant vraiment excitée par cette aventure que je prends avec le sourire. Les paysages sont magnifiques, entre les plages, les montagnes enneigées et les pistes de ski. C’est vraiment à voir !

Saida devra se faire à la neige

AEDMP : Parle-nous ton parcours jusqu’à présent, de toi, de tes débuts… Tu es passée par l’OL, le PSG, Saint-Etienne…?
S.A. : Mon parcours a été très mouvementé. Quand j’étais enfant, j’étais ce qu’on peut appeler un « petit garçon manqué ». Je suis d’un petit quartier de Charvieu-Chavagneux, dans le département de l’Isère. J’aimais beaucoup passer des heures et des heures au City Stade avec mes amis. Quand je suis arrivée au collège, tous me demandaient de venir en club. Alors je suis d’abord passée par l’US Loyettes, dans le département de l’Ain. J’y ai fait une année puis je suis allée deux ans à Charvieu. Au cours de la troisième année, mon coach m’a emmenée à Gerland. C’était un mercredi. C’est là que tout a commencé. J’ai fait quatre ans au centre de formation et je suis aussi passée par l’équipe 1 à quelques reprises. J’ai fait beaucoup de matchs avec les U19. J’ai eu de belles expériences en équipe de France U17 et U19. Puis je suis allée à Guingamp, en prêt pour un an. Je suis passée d’un niveau professionnel à un niveau amateur et l’expérience a été catastrophique. Ma route a continué au Paris-Saint Germain. La saison a été superbe, humainement, professionnellement. Je ne garde de cet épisode que du positif car j’ai côtoyé des coachs très sérieux. Puis en juin 2013, j’ai fait le choix de revenir en région Rhône-Alpes pour des raisons personnelles et familiales en signant en amateur à l’AS Saint-Etienne. Tout allait très bien jusqu’à ce que je me casse la clavicule durant le dernier match de préparation. J’ai subi une opération et il a été difficile de revenir en forme. J’ai enchaîné avec une déchirure au niveau des côtes car je voulais me gérer seule en plus de l’aide apportée par les kinésithérapeutes. Lorsque tout est rentré dans l’ordre, on m’a fait cette proposition pour la Norvège et j’ai accepté !

AEDMP : Partir, rester… quelles sont les choses que l’on prend en considération lorsque l’on est transféré à l’étranger ?
S.A. : Quand on décide de partir, on pense aux points positifs de ce challenge : l’expérience, les progrès physiques, athlétiques et surtout l’évolution au niveau du mental. Je pense sortir plus forte de cette aventure norvégienne. Quand on est transféré à l’étranger, il faut être positive dés le début sinon ça ne sert à rien de prendre l’avion. Le fait de partir veut dire laisser sa vie, sa famille mais j’ai été très soutenue et le suis encore même de loin. Une personne toute particulière me soutient. A 21 ans, on se dit qu’on est jeune et que tout n’est que de passage dans la vie. C’est maintenant qu’il faut vivre cette expérience pour ne pas avoir de regrets à 30 ans. Cette opportunité n’est pas donnée à tout le monde et je savais au fond de moi que je ne devais pas me dégonfler. 

AEDMP : Vas-tu te mettre au norvégien et surtout t’acheter une bonne paire de bottes pour faire face à la neige ?
S.A. : Le norvégien me paraît difficile. Je vais plutôt me mettre à l’anglais car ça m’apportera beaucoup. La coach qui est suédoise, les recrues américaines, une coéquipière chypriote parlent anglais. Concernant le temps, il faut dire que je n’ai pas très bien surveillé la météo avant de prendre l’avion. On m’a beaucoup répété qu’il faisait froid et qu’il neigeait. Toutes mes coéquipières ont des bottes et sont équipées. Moi, la Française, je suis en Jordan et en claquettes dans les vestiaires. Mais ça tient la route ! Ces temps-ci, il ne neige plus. Le temps commence à devenir agréable. Il faut un peu de patience et être positive. 

AEDMP : Aujourd’hui tu es en Norvège, trouves-tu des différences avec le football français féminin ?
S.A. : Ici, les entraînements sont beaucoup plus disciplinés qu’à Saint-Etienne. Il y a du sérieux, les sessions sont très athlétiques. On s’entraîne deux fois par jour donc c’est très costaud. Techniquement, les filles sont vraiment propres. Ce n’est pas du football brésilien ou espagnol avec des Ronaldinho sur le terrain mais c’est un football très propre. Physiquement, je prends le train en route. Je prends plaisir à être avec cette équipe. Je m’étonne de mon intégration, de mon adaptation rapide ! 

AEDMP : Quel accueil as-tu reçu dans ton nouveau club ? As-tu eu ton quart d’heure bizutage ?
S.A. : C’est un accueil chaleureux que j’ai eu. Le club est bien structuré. J’ai le sentiment de me retrouver à Paris ou Lyon. On est venu m’attendre à Oslo afin de voyager avec moi jusqu’à Kristiansland. Je me sens vraiment prise au sérieux. J’ai eu les clefs de mon domicile. On m’a présentée à l’équipe avec beaucoup d’estime. J’ai compris qu’on attendait beaucoup de moi donc j’ai à coeur de ne pas décevoir. Pour l’intégration, la mentalité ici est différente. Il y a vraiment un esprit de groupe, les filles sont soudées.

Des sourires et un très bon accueil

Aux entraînements, chacune apporte son soutien à l’autre. C’est une chose qu’en France on ne ressent que dans les clubs au niveau professionnel. Il y a des joueuses qui ont 30 ans, moi je suis un peu la petite jeune. Je sens qu’on cherche à me rassurer depuis le premier jour. En stage de ski, j’ai eu mon bizutage qui consistait à chanter l’hymne de la France. Le propriétaire des lieux durant notre stage de ski avait une sorte de musée des dédicaces de touristes donc il a eu la mienne.

 

Je suis pleinement satisfaite et en plus je reçois le soutien des miens en France !

 

AEDMP : Que peut-on te souhaiter pour la suite ?
S.A. : On peut me souhaiter de relever le challenge dans la joie et la bonne humeur, que j’apprenne l’anglais rapidement et cela ne sera pas chose facile. On peut aussi me souhaiter de faire une bonne saison avec mon équipe. Je sais que j’aimerais retrouver le championnat français par la suite donc j’espère qu’en France on ne m’oubliera pas. J’ai défendu les couleurs de la nation en sélection jeune et j’espère retourner en sélection un jour. Avec ce bagage norvégien, je me dis que ça m’ouvrira peut-être les portes une nouvelle fois. En tout cas, ici en Norvège, je représente la France car c’est en France que j’ai été formée. 

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