Mon quartier au réveil…

Mon quartier qui s’éveille au matin ouvre délicatement les yeux. Comme une envie de prolonger la nuit, le rêve et le bien du repos. Il est si beau en dormant et si calme… Mon quartier qui s’éveille voit les volets des maisons s’ouvrir petit à petit. Certains enfants sont encore au pays des songes quand d’autres sont déjà chassés de chez eux afin d’aller acheter du pain, du lait… Des chiens qui ont aboyé toute la nuit, se baladant en bande désorganisée, dorment encore, allongés en meute. Non loin, le vendeur de pastèques et de melons qui possède sa marchandise sur place, sous une tente, se réveille lui aussi.

Les femmes prennent le chemin du hammam, chargées de seaux et de sacs contenant leur attirail de beauté : savon noir, hénné, ghassoul… Dans quelques minutes elles s’arracheront la peau au gant de crin, discuteront des derniers potins du coin et sortiront deux heures plus tard, toutes neuves, toutes propres. Le menuisier en face du hammam ouvre les portes de son atelier installé dans un garage. L’odeur du bois commence déjà à se faire sentir. Deux maisons plus loin, le ménage est de sortie et l’eau dévale les escaliers se retrouvant devant les portes, en plein milieu de la rue. La terre se mélange à l’eau et rappelle ces instants d’averse, cette odeur de terre mouillée.

Ce matin, mon quartier voit comme d’habitude des personnes tirer des caddies ou simplement avoir un sac à la main afin d’aller au marché. En quête de fruits et légumes, ils négocieront les prix comme d’habitude. Les travailleurs dans le bâtiment s’en vont à leurs postes. A l’approche de l’été, les températures sont déjà chaudes. Ils doreront au soleil en réalisant l’effort attendant impatiemment la pause de midi avant de se remettre au travail. D’autres travailleurs passent dans la rue poussant leur étales sur roues jusqu’à la médina. Chacun son stock. Des bijoux en plastiques, des élastiques. D’autres ont des figues de barbarie et se font apostropher par des passants qui veulent connaître le prix du kilo.

La boulangerie écoule son pain traditionnel, ses baguettes, ses viennoiseries et ses petits gâteaux. Les fourneaux tournent en boucle et dans le ciel bleu s’échappent des fumées noires depuis la cheminée. Dans les maisons, un thé à la menthe continue à infuser. Midi n’est pas encore là et dans les cuisines, certains plats mijotent. Les odeurs d’épices se mélangent à celle du pain, celui-ci, fait maison.

Mon quartier au réveil aura des airs semblables vers 16h, au sortir de la sieste de l’après-midi.

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