Quand l’amour pour les parents est plus fort que tout

Cette histoire est celle de Mademoiselle Toublet, anciennement professeur d’anglais et de Mademoiselle Lypo, qui elle était institutrice. Aujourd’hui, toutes les deux ont près de 80 ans et tiennent encore particulièrement à ce titre de Mademoiselle.

Bigotes…
Pour rien au monde elles ne rateraient la messe. Côté vestimentaire, beaucoup pourraient dire qu’elles portent la panoplie des vieilles filles. Jupe en toile épaisse, longue et de couleur sombre avec d’épais bas en laine l’hiver et rien l’été. Chemisier à manches longues, sans fantaisie, de couleur unie avec un châle gris en laine l’hiver. Elles ont aux pieds des sortes de sabots à jardin ou des godillots noirs. Le tout surmonté d’une coiffe à l’aide d’un bob, d’un foulard ou encore d’un bonnet, selon la saison.

Les habitudes…
Mesdemoiselles Toublet et Lypo sont conditionnées et incapables de sortir de leurs rituels, au point de ne connaître que les vermicelles et de ne rien savoir du monde des pâtes lors de courses pour des amies souffrantes. C’est tout particulièrement le cas de Mlle Toublet qui ne cuisine que son bouillon de légumes avec des vermicelles à tous les repas. Sauf les jours de fête ! Mlle Lypo est presque pareille mais en ayant un jardin et faisant des courses régulières au magasin de produits surgelés. Sans oublier le fait qu’un déjeuner chez elles signifie que la table est mise un jour à l’avance, le repas est pensé quatre mois à l’avance et prêt la veille. Donc impossible d’arriver à l’improviste.

Le mariage…
Toutes deux ont eu une jeunesse au cours de laquelle des prétendants sont venus frapper à la porte de la maison familiale, mais à chaque fois la réponse était négative. Ils n’étaient pas assez cultivés ou encore elles étaient elles-mêmes trop jeunes. Deux arguments dont pères et mères usaient. Etant autoritaires avec leurs progénitures, les deux filles de l’époque n’ont jamais remis en question ce qu’ils disaient. Malheureusement avec l’interdit parental, en grandissant, elles ont elles-mêmes commencé à s’interdire… de vivre ! Elles n’étaient pas soeurs du tout, non, pourtant elles se ressemblent et ont vécu auprès de leurs parents jusqu’à la fin, l’instant où ils ont rendu le dernier souffle.

Tout pour eux, rien pour elles…
Elles les ont accompagnés, leur donnant donc une présence sachant bien qu’étant donné les choix dans leurs vies, elles seraient seules après tant de sacrifices. Qui veilleraient donc sur elles ? Aujourd’hui, elles ont des biens, mais pas de descendance ni amis particulièrement. Néanmoins elles ont un avantage, le fait qu’on les connaisse quand même et surtout qu’on les apprécie ! Elles ont passé leur existence avec leurs parents. Un amour qui a simplement mis une gifle à l’amour qu’elles auraient pu ressentir pour des hommes. Aujourd’hui la vie les tient encore et lorsqu’elles partiront, elles laisseront finalement derrière elles ce souvenir de fidélité à leurs parents, en habitant leurs lieux où aucun meuble n’a changé de place.

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