Le slam, « the spoken word » ou la poésie

Dans son morceau « L’honneur d’un peuple », Diam’s indiquait « je fais du rap, ne confondez pas avec le slam » et effectivement les deux n’ont rien en commun. C’est dès les années 80, que le slam est créé par Marc Smith, à Chicago. Après avoir assisté à une séance de récitation de poèmes, il se rend vite compte que tout cela est bien dénué d’ambiance et de dynamisme. Il décide donc d’organiser des scènes au cours desquelles tout le monde peut venir dévoiler ses textes. Ainsi, au Get Me High Lounge de Chicago, on scande, on chuchote, on crie… chacun son style car la scène est totalement libre. Diam’s avait raison slam et rap ne sont pas du tout similaires. Tout le monde peut slamer, petits ou grands mais pour rapper, rares sont ceux qui ont plus de 50 ans. Les slameurs  «vivent » ensemble alors que les rappeurs peuvent très vite se « clasher » sur les temps et les mesures. Pour la tolérance, le rap reviendra !

Les scènes françaises

Comment se passe le déroulement d’une scène ? Tout se fait autour d’un verre. Chaque personne qui passe devant le public dévoile son texte a capella pendant trois minutes au maximum. Qu’importe les salles, l’ambiance est toujours amicale et familiale. Les débutants sont encouragés pour être mis à l’aise. Mais les scènes sont avant tout des concours. Et qui dit compétition, dit également jury. Différentes techniques sont utilisées : l’applaudimètre, les cartons de couleurs… Le verbe est noté ainsi que l’écriture et la performance. Ce mode d’expression populaire n’est pas si ancien que ça en France. C’est en 1995 qu’il fait son apparition avec les Nada, Joel Baratzer, McClean et compagnie. Trois ans plus tard, le film de Marc Levin, « Slam », met encore un peu plus le mouvement en valeur.

Grand Corps Malade

Jusqu’en 2006, le slam était resté bien au chaud dans les cafés-slam avec leurs adeptes. Cependant, c’est justement cette année-là que Grand Corps Malade (Fabien Marsaud) va lui permettre d’être mis sous les feux des projecteurs. Le concernant, c’est en musique qu’il slame. Sur des instrumentales très douces, épurées de toute sonorité agressive, il pose des textes emplis de métaphores. Son premier album « Midi 20 » permet à cette poésie sonore, à cette joute oratoire d’être médiatisée et surtout reconnue. Aux Victoires de la Musique, il décroche deux trophées. Son deuxième opus « Enfant de la vie » sort en 2008, année au cours de laquelle il sera fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Malgré les catégories dans lesquelles il peut être placé, Grand Corps Malade n’oublie pas d’où il vient. D’ailleurs, c’est ce qu’il rappelle au cours d’une interview : « Je viens du slam. C’est un art a capella, c’est un art live, il faut qu’il y ait un auditoire pour qu’il y ait du slam. Pour moi ça n’a pas de sens de dire que c’est un disque de slam parce que à partir du moment où ce n’est plus de l’a capella, à partir du moment où ce n’est pas du live, à partir du moment où ce n’est pas le partage de la scène avec plein d’autres slameurs, pour moi ce n’est plus vraiment du slam ».

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