La Révolution du Jasmin (encore d’actu’!)

« Très peu de cause peut avoir beaucoup d’effet  »  [Bernard Werber ] – Extrait de la Révolution des Fourmis

Si l’Histoire devait retenir un nom, ce serait celui de Mohamed Bouazizi. Un jeune qui par la flamme aura écrit à sa manière les premières lignes dans le livre de la nouvelle Tunisie. Des mots teintés de sang, aux odeurs incendiaires. Des mots déliés de leurs chaînes et prônant le droit à la vie.

 

 

Si l’Histoire devait retenir un lieu elle se souviendrait d’une place à Sidi Bouzid. Elle se redessinerait un stand de fruits et légumes. Résonnerait dans sa tête la voix d’un vendeur à la criée réclamant une marchandise qu’on vient de lui confisquer.

Si l’Histoire devait retenir une date, elle en désignerait une seule. Ce serait le 17 décembre 2010 lorsque le désespoir d’un grand Homme est venu entacher le costume trois pièces d’un dirigeant à la main de fer.

Si l’Histoire devait retenir une victoire, elle crierait : 14 JANVIER 2011. Elle ferait des comparaisons avec la France et la fin de la monarchie. Elle dirait qu’il n’aurait manqué que la guillotine pour faire à des dirigeants ce qui était arrivé à Marie-Antoinette et à Louis XVI.

Si l’Histoire devait retenir un mot, il serait liberté. Elle revendiquerait le droit à la parole, à l’expression des opinions. Elle y ajouterait indépendance et verrait que les Hommes en sont à la recherche depuis tellement d’années.

Si l’Histoire devait donner une leçon, elle s’adresserait au monde arabe. Elle lui dirait de cesser corruption et vols. Elle prônerait le partage des richesses, pas dans le but de vaincre le capitalisme, non ! Elle demanderait simplement d’être équitable et de cesser de prendre son peuple pour ce qu’il n’est pas. Elle lui demanderait d’ouvrir les yeux et d’assouvir les désirs de ses enfants qui préfèrent rêver d’ailleurs quand leurs propres pays préfèrent, eux, les ignorer.

Si l’Histoire devait se tourner vers l’Occident, elle lui dirait de regarder et d’avoir honte. Elle lui reprocherait le « deux poids, deux mesures » et de défendre ses propres intérêts quand certains tombent sous les balles. Elle lui dirait que si à ses yeux un mois en Tunisie signifie plages et hôtels, il a été pour les Tunisiens un moyen de se réapproprier le destin.

Si l’Histoire devait être émue, elle verserait des larmes. Parce que dans ses livres d’école sera ajouté le nom de Mohamed Bouazizi, un de ces Hommes de l’ombre, qui par un geste pouvant paraitre insignifiant au début, a redistribué les cartes.

Si l’Histoire devait en venir à l’évidence, elle dirait simplement qu’il suffit d’un rien pour faire changer les choses. Elle indiquerait que les dirigeants au pouvoir ne sont que des êtres humains qu’un peuple soudé peut renverser. Le pouvoir est à la rue et lorsque celle-ci hurle, les gouverneurs deviennent lâches !

Si l’Histoire devait avoir le dernier mot, elle choisirait : BRAVO. Elle serrerait la main de chaque tunisien, insistant sur le fait que certes un flottement règne mais que c’est avec le temps et ensemble qu’ils écriront les chapitres .

(Edito du 15/01/2011)

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2 réflexions sur “La Révolution du Jasmin (encore d’actu’!)

  1. Un bien beau texte en hommage à cette révolution, aux tunisiens… et à l’histoire qui est en train de s’écrire. Chantal m’avait dit vos qualités de rédactrice… indépendante à qui ce sujet savent donner toute la mesure. Bravo à vous mais surtout bravo à eux.

    • Je vous remercie. Une deuxième révolution se prépare en Egypte. Je compte poster un article demain soir qui est l’édito du lundi sur un tout autre sujet cependant. N’hésitez pas à repasser par là.
      A bientôt

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