Khaleel, enseignant d’anglais à Gaza : l’enseignement scolaire sous blocus

Gaza…

Sous blocus, la bande de Gaza, de 360 km2 seulement, compte 2 millions d’habitants. Les seules « issues » pour sortir de la bande de Gaza sont hermétiques, voire tout simplement fermées, tant du côté égyptien qu’israélien. Les infrastructures reliant Gaza au reste du monde sont inexistantes. Il y avait un aéroport international construit en 1998 et complètement détruit en 2002. Du côté de la mer, dans les années 90, la construction d’un port international était bien dans les tuyaux avec l’aide de la France et des Pays-Bas notamment. Cependant en 2000, ce rêve d’ouverture sur la Méditerranée s’éloignait sous les bulldozers israéliens…

Dans un environnement instable, la jeunesse qui étudie dans des écoles publiques, des établissements privés et ceux gérés par l’UNRWA n’a le plus souvent jamais connu Gaza libre, sans blocus. Khaleel rencontre justement des enfants quotidiennement puisqu’il est lui-même professeur.

« Quand je faisais mes études, la situation était bien meilleure qu’aujourd’hui »

Khaleel a 32 ans. Cela fait maintenant 10 ans qu’il est professeur d’anglais et employé par le Ministère de l’Education. « C’est ici à Gaza que j’ai étudié. A l’époque quand je faisais mes études, la situation était bien meilleure qu’aujourd’hui. » En effet, à ce moment-là, la bande de Gaza n’était pas complètement isolée comme cela est le cas à présent. « Nous sommes coupés du reste de la planète. Dans nos méthodes d’apprentissage, nous avons des besoins spécifiques auxquels nous ne pouvons pas répondre en raison du blocus. » Les élèves de Khaleel ont entre 9 et 12 ans, connaissant essentiellement la bande de Gaza avec les frontières totalement fermées. « Ils sont encore très jeunes mais souffrent énormément notamment de la précarité au sein de leur famille. »

Sans soutien plus important des acteurs à l’international

Les opérations militaires israéliennes ont un fort impact psychologique sur les enfants. « Le bruit des F16 est devenu pour eux familier. De plus, la guerre de 2014 les a beaucoup marqués parce que certains ont perdu des membres de leurs familles, d’autres des camarades de classes... ». Aujourd’hui Khaleel souhaiterait mener des projets avec des professeurs à l’étranger. Une manière d’ouvrir ses élèves sur le reste du monde. « On doit sauver Gaza mais surtout sauver les enfants de Gaza. » Fonctionnaire, son salaire peut mettre du temps à être versé. « J’essaie à ma manière d’améliorer les conditions de scolarisation de mes élèves et la place de l’éducation. » Mais à ses yeux, la situation est contre eux, sans soutien plus important des acteurs à l’international.

« Les journées débutent tôt puisque le nombre d’élèves est élevé. Ainsi il y a deux « roulements ». Certains écoliers sont là à partir de 7h du matin jusqu’à midi. Les autres sont présents de midi à 16h. » Comment voir le futur dans de telles conditions ? Avec pessimisme car la population s’accroît et les conditions de vie ne s’arrangent pas.

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