Rando-écolo : ils s’en vont faire un Paris-Maroc à vélo !

Certains partent en vacances cet été, eux ont décidé de prendre leurs vélos et la direction du Maroc. Ahmadou et Amine ont entamé hier, dimanche 31 juillet, leur périple utilisant le nom RVE pour rando-vélo-écolo. Une aventure fun avec l’apprentissage de la permaculture, un challenge sportif, de l’éducation populaire, la découverte de différentes cultures et une entraide… Un beau cocktail qui forcément a poussé le blog à en savoir davantage !

01:08:2016 - Rando-écolo, ils s'en vont faire un Paris-Maroc en vélo !

– à l’Encre de ma Plume : Pourquoi ce projet, comment est née l’idée ?
Ahmadou et Amine : C’est à la suite de notre tout premier périple à vélo en 2013 Paris-Marseille que ce projet nous est venu à l’esprit. Le premier périple est pour nous comme une expérience ayant prouvé que partir loin à coups de pédale est vraiment possible. Dès lors il n’y a plus de limite si ce n’est celle que l’on se fixe nous même. La Terre est ronde… On peut donc pédaler sans fin 🙂 Le premier périple (Paris-Marseille) est né sur un coup d’éclat. C’est en rencontrant des amis de notre voisinage équipés de vélos neufs que l’un d’entre nous a dit : « Tu sais qu’à vélo on peut aller très loin ? » La semaine suivante nous voyait déjà démarcher en vue de mettre en place ce qui allait être l’aventure Paris-Marseille. Ce fut une aventure. Rencontres, apprentissage, la plage pour lit, toutes sortes de privilèges faisant de ce périple un voyage de luxe. Donc à la suite de Paris-Marseille, nous nous sommes tout simplement dit qu’on irait plus loin et que désormais on pourrait y incorporer différentes thématiques. Le voyage n’est donc pas le but en soi mais bel et bien un moyen…

– à l’Encre de ma Plume : Pourquoi ce binôme précisément ?
Ahmadou et Amine : Nous sommes amis depuis tout le temps. Frères même… Nous avons grandi dans le même quartier à 100m de distance. Nous avons pratiqué le même sport pendant de nombreuses années, le breakdance, avec le même professeur, By Vang champion du monde de breakdance. Il nous a inculqué une vision du monde. Il nous a appris à ne pas nous arrêter aux obstacles du visible… Donc naturellement Allah a fait que pour ce genre d’initiative chacun d’entre nous savait que l’autre se situait dans un esprit correspondant à cela. Cette démarche s’inscrit dans bien plus que le simple voyage à vélo. Il s’agit plutôt d’un apprentissage, d’une école, d’une découverte et surtout d’une ouverture. Nous sommes deux jeunes d’Ile de France de 25 et 20 ans, impliqués dans certaines activités associatives, culturelles et sportives (breakdance). En quête d’autres, d’ailleurs, de découverte et de partage. Amine est revenu il y a 5 mois d’un voyage de 18 mois en Australie. C’est un breakeur confirmé, acharné.

– à l’Encre de ma Plume : Comment se passera concrètement le voyage ?
Ahmadou et Amine : Il s’agit d’un périple à vélo. De Paris jusqu’à Fès (la ville de la science au Maroc). Donc à vélo, sacoches chargées, nuit en camping, dehors, chez l’habitant… Au fil des rencontres. Pendant le périple, nous prévoyons d’aller à la rencontre d’intervenants liés à l’écologie, la nature, l’artisanat traditionnel. Avec quelques surprises à la clé. Tout cela pour en découvrir plus sur ce qui nous entoure. Tout cela en France, Espagne, Maroc. Il y a encore beaucoup de choses incertaines. Une bonne part de notre périple variera en fonction du soutien du public. Que cela soit pour être hébergé, pour découvrir des personnes et lieux originaux, les rencontres. En cela notre initiative est un projet participatif. A chacun de participer selon ses possibilités pour apporter sa couleur au projet.. Une fois Fès atteint, nous prévoyons d’aller à la rencontre d’intervenants un peu partout au Maroc afin d’en découvrir davantage. Toujours liés à la nature, l’environnement, la culture, tradition, etc. Pour ensuite arriver dans l’oasis de M’hamid où vit Madani, notre ami sahraoui que nous souhaitons aider par le biais de notre projet. Notre périple est plus de l’ordre du spontané. Rencontres, découverte, partage… Ce sont les maîtres mots. Nous même avons les grandes lignes du périple. Certains intervenants à rencontrer. Mais beaucoup de chose émergeront au cours du périple en lui-même.

– à l’Encre de ma Plume : Quel est votre projet précis ?
Ahmadou et Amine : Le grand objectif est de soutenir par le biais de notre aventure, des acteurs ambitieux dans leur initiative responsable soucieuse de l’environnement. Tout d’abord Madani. Il s’agit d’un ancien Sahraoui qui a dû se sédentariser à M’Hamid El Ghizlane, un village du sud marocain situé aux portes du désert. Il a été obligé de s’adapter à ce nouveau mode de vie à cause de la sécheresse et de l’établissement des frontières. Son village et les contrées environnantes ne sont plus alimentés en eau en raison de la construction d’un barrage en 1971 à Ouarzazate. Avant cette construction, il existait le lac Iriki dans le désert. Sa présence permettait les haltes à dromadaires afin de les abreuver. Les frontières dès lors bien établies ne permettent plus aux Sahraouis de vivre leur nomadisme. Il ne leur est plus possible de traverser le désert, comme autrefois, à dos de dromadaires chargés de marchandises (dattes, huile, sucre, épices, sel) passant d’un pays à l’autre et de vivre de cet échange.

– à l’Encre de ma Plume : Parlez-moi plus en détails de Madani ?
Ahmadou et Amine : Madani a entrepris la construction de sa ferme écologique il y a six ans. C’est grâce à l’aide d’une âme généreuse qui a souhaité investir une partie de son héritage dans un projet écologique, qu’il a réussi à démarrer son activité. Il a ensuite creusé un puits de trente-sept mètres de profondeur. Seulement, l’eau y est saumâtre (10g/litre d’eau). Cela ne favorise pas la culture de fruits et légumes. Il parvient tout de même à faire pousser blé, luzerne, carotte, patate, betterave. Il essaie de faire vivre sa petite oasis avec l’aide de woofers. L’objectif premier du maintien de cette ferme est de montrer aux habitants de M’Hamid que des solutions sont possibles contre la désertification. Avant la construction du barrage, il y avait des cultures diverses et variées et les habitants vivaient de leur travail en toute autonomie. Maintenant les dunes de sables prennent de plus en plus de terrain et la désertification est croissante. Même la palmeraie, patrimoine ancestral, est en train de mourir. Seuls les mieux lotis en terme de moyens (4×4, dromadaires, finances, internet…) peuvent espérer vivre de la présence des touristes.

– à l’Encre de ma Plume : Vous parlez de permaculture, cela va constituer un élément important ?
Ahmadou et Amine : Madani a le projet ambitieux et plein de courage de démontrer aux villageois qu’il leur est possible de vivre de leur propre culture et que des solutions existent. Il montre une vraie détermination, ne ménage pas ses efforts et redonne espoir aux habitants. Le problème majeur que rencontre Madani est cette eau saumâtre c’est-à-dire très salée, ce qui demeure contraignant pour faire pousser des potagers et pour boire. Madani est obligé de payer pour qu’on lui apporte de l’eau (un âne et une carriole pour 80 dirhams – soit environ 8 euros – les 200 litres). La solution serait d’investir dans l’achat d’un osmoseur afin qu’il utilise l’eau de son puits (eau qui est salée). Madani ferait d’énormes économies et pourrait développer son activité et faire vivre cette oasis au profit des villageois ainsi que d’autres oasis environnantes. Nous aimerions l’aider également en lui apportant des chamelles avec leurs chamelons pour reconstituer un troupeau. Enfin, notre deuxième partenaire permettra de donner une continuité au projet lors de notre retour en France. Notre ami Julien Patinec, dit Yussuf le fermier, qui fait de la permaculture en Bretagne. Nous souhaitons l’aider à se procurer une maison proche de sa ferme afin qu’il puisse accueillir une dizaine de familles à la fois et les initier et former au travail de la terre, les animaux, la création. L’idée est tout simplement de faire de notre aventure un projecteur mettant en lumière ces initiatives prometteuses dont on entend peu parler en dépit de leur importance !

—–

Le blog va suivre de très près ce voyage et vous en donner des nouvelles !
En attendant, comment suivre les deux copains ? Via la page Facebook RVE ParisMaroc.
Et comme ils aiment le dire : « Partager c’est s’enrichir » : alors PARTAGEZ !

Publicités

2 réflexions sur “Rando-écolo : ils s’en vont faire un Paris-Maroc à vélo !

  1. Ping: Journal de bord de la rando-vélo-écolo (RVE) vers le Maroc : épisode 1 | à l'Encre de ma Plume...

  2. Ping: Edito du 05/12/2016 – Rando-écolo France-Maroc à vélo : ILS L’ONT FAIT ! | à l'Encre de ma Plume...

Une réaction ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s